Sauvagerie Diplomatique Khashoggi






Ce livre de plus de 310 pages raconte l'assassinat de Jamal Khashoggi, par les journalistes qui ont révélé le crime immonde des Saoudiens au monde entier.

L'enquête réalisée par trois grands journalistes turcs du Daily Sabah révèle les secrets les plus terribles de l'assassinat de Jamal Khashoggi, éditorialiste du Washington Post, au sein même du consulat de l'Arabie Saoudite d'Istanbul, meurtre qui a plongé le monde dans la consternation la plus totale. Ce que les Saoudiens ne savaient pas, c'est que les services spéciaux turcs dirigés par Hakan Fidan, avaient criblé les murs du consulat de micros, grâce auxquels le crime et surtout le rôle de Mohammed ben Salmane, prince dirigeant l'Arabie Saoudite, a pu être prouvé.

On apprend ainsi ce qui s'est passé avant, pendant les 7 dernières minutes de la vie de Khashoggi entre le moment où il est entré dans le consulat et sa mort, grâce aux enregistrements que Ferhat Ünlü, Abdourrahman Simsek et Nazif Karaman se sont procurés :

- ce qui s'est précisément dit entre Khassoggi et ses tortionnaires

- comment son meurtre a été conduit, étape par étape… et nié par le consulat

- comment son corps a été démembré et dispatché dans des valises

- ce que les 15 assassins se sont dit pendant l'opération, leur identité et leur spécialité

- comment les services secrets turcs du MIT ont conduit leur enquête

- ce qui s'est passé ensuite au plus haut niveau du royaume saoudien et comment celui-ci a tenté de nier son implication.

Cette enquête est un monument de travail journalistique écrit par les journalistes qui furent les premiers à révéler le scandale de ce meurtre diplomatique au monde.



~ 1 ~

Jamal Khashoggi

les dernières 24 heures




Le voyage éternel de la victime


La voix vibrante de l'Imam Ali Tos, qui dirigeait une prière funèbre in absentia, peut-être pour la première fois de sa vie, résonnait autour de la mosquée Diyanet Center of America dans l'État du Maryland aux États-Unis:


- Accordez-vous votre bénédiction au défunt?

- Nous l'accordons !

- Accordez-vous votre bénédiction au défunt?

- Nous l'accordons !

- Accordez-vous votre bénédiction au défunt?

- Nous l'accordons !


La réponse de la congrégation à la question, que l'imam a posée trois fois selon le rituel, allait être entendue non seulement dans le Maryland mais aussi à Istanbul, La Mecque, Londres, Paris, Islamabad et en bien d'autres endroits. La prière funèbre, pendant laquelle les musulmans ne s'inclinent ni ne se prosternent et qui se clôt par le qiyam et le takbeer, est un rituel destiné à dire adieu à ceux qui sont entrés dans l'au-delà – un acte d'adoration avant leur dernier voyage.


L'homme, pour lequel la congrégation a tenu un service funèbre en l'absence de corps est Jamal Khashoggi, le chroniqueur du Washington Post qui a été tué à l'intérieur du consulat général d'Arabie Saoudite le 2 octobre 2018, et ce, en violation flagrante de la foi islamique, des principes des religions abrahamiques et de toutes les valeurs humaines. Des milliers de personnes, qui récitaient la prière funèbre des absents, auraient salué les Anges en entendant le quatrième takbeer et porté sur leurs épaules le cercueil renfermant même une infime partie de la dépouille jusqu'au lieu de l'enterrement si on avait retrouvé ne serait-ce qu'une partie.

Dans ce cas particulier, cependant, il n'y avait pas de cercueil sur l'autel. Il n'y avait donc pas non plus de lieu de sépulture.


photo DR


Le vendredi 16 novembre, une autre prière funèbre pour les absents a eu lieu à la mosquée Fatih d'Istanbul, lieu de décès de Khashoggi. Parmi les participants figuraient Yasin Aktay, ami proche du défunt, le conseiller du président du Parti de la justice et du développement, Ahmet Hamdi Çamlı, le parlementaire Cahit Altunay maire de Sultanbeyli et le président de l'Association turco-arabe des médias Turan Kışlakçı, ainsi que des amis de Jamal Khashoggi et d'autres personnes qui ne le connaissent pas et ne connaissaient probablement pas son nom avant sa disparition. Ceux qui ne connaissaient pas Khashoggi lui ont accordé leur bénédiction – encore une fois, dans le respect du rituel. Jamal Ahmed Hamza Khashoggi, décédé 11 jours avant son 60e anniversaire, était un homme du signe de la Balance né le 13 octobre 19581. De toute évidence, il ignorait qu'il allait mourir le mois même de sa naissance. Pourtant, il souhaitait être enterré à la Mecque, sa ville natale. Compte tenu des circonstances atroces de son meurtre, il est bien peu probable que son souhait puisse un jour se réaliser. Pourtant, tous, à commencer par ses amis et ses proches qui ont assisté à ses funérailles, conviennent que le souhait de Khashoggi en tant que personne et en tant musulman doit à tout le moins être réalisé.


À L'AÉROPORT DE ATATÜRK LE JOUR DE SON DÉCÈS


Avant de partir pour son voyage éternel, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a effectué son dernier déplacement de Londres à Istanbul. C'était un beau matin d'octobre à Istanbul. En descendant de son avion qui avait quitté Londres pour atterrir à l'aéroport de Atatürk à 3h50 du matin, Khashoggi s'est dirigé vers le comptoir de contrôle des passeports réservé aux ressortissants étrangers. Il était fiancé à Hatice Cengiz, une citoyenne turque née le 18 juillet 1982 et domiciliée à Davutkadı près du comté de Yıldırım, à Bursa (sud d'Istambul, sur la rive asiatique). Dans la mesure où ils n'étaient pas encore officiellement mariés, Khashoggi n'avait pas encore de passeport turc.


Khashoggi a franchi le contrôle des passeports à 4h06 précises.


Deux minutes plus tard, il s'est dirigé vers le contrôle douanier avec un seul bagage. À 4h09 du matin, il a quitté le hall d'arrivée. Deux minutes plus tard, il a pris un taxi jaune jusqu'à son appartement dans le quartier de Topkapı2. Khashoggi l'avait acheté le 25 septembre, soit tout juste une semaine avant son assassinat. Situé à l'intérieur du Kale, un lotissement sécurisé à l'intérieur de l'Avrupa Konutları (Europe Résidences) cet appartement était le foyer qu'il espérait partager avec Hatice Cengiz après leur mariage.


Pourtant, ce projet ne devait jamais se concrétiser. L'appartement qu'ils envisageaient d'occuper en tant que couple marié après avoir obtenu une preuve officielle de son état civil du consulat saoudien d'Istanbul deviendrait le lieu de travail d'une équipe policière d'enquête après le meurtre3. Khashoggi était arrivé chez lui à 4h40 du matin.


À 4h56, sa fiancée Hatice Cengiz l'a rejoint munie d'un sac de provisions4. Dans l'appartement, ils ont conversé pendant un moment puis ont passé en revue les démarches pour leur mariage et ont naturellement évoqué leurs rêves.



L'ÉQUIPE MYSTÈRE DE L'AVIATION GÉNÉRALE


Vers la même heure, 23 minutes seulement après le départ de Khashoggi de l'aéroport de Atatürk, il se fit un mouvement dans le terminal de l'aviation générale. Une équipe de 9 personnes a pénétré dans le hall des Arrivées après avoir débarqué d'un jet privé, immatriculé HZ-SK2, et qui avait quitté Riyad environ 3h30 auparavant. L'avion était enregistré au nom de Sky Prime Aviation, une société détenue par le gouvernement saoudien. Les agents saoudiens ignoraient alors que les services de renseignement et de police turcs les soumettraient à une forme de surveillance électronique rétroactive5.


Cette surveillance, cependant, n'a pas eu lieu en temps réel – ce qui, selon le jargon policier, ne permet pas de surprendre les criminels en flagrant délit. La raison pour laquelle ils se sont rendus à Istanbul et ce qu'ils y ont fait ne devint clair qu'après l'incident. Le Millî İstihbarat Teşkilatı (Organisation Nationale du Renseignement, plus connue comme MIT) et la police turque ont rembobiné la bande après les faits, et décodé ce qui s'est passé – à l'exception de l'endroit où se trouvait le corps.


Les membres les plus éminents de l'escadron de la mort qui a été envoyé en Turquie ce matin-là étaient Maher Abdulaziz Mutreb et Salah Muhammed al-Tubaigny. Ce dernier, al-Tubaigny, âgé de 47 ans, était à la tête de l'Institut médico-légal d'Arabie Saoudite. Sa mission consistait à faire disparaître le corps et détruire toutes les preuves du consulat saoudien.


Mutreb, également âgé de 47 ans, était connu pour avoir accompagné le prince héritier Mohammed Ben Salmane, dit MBS, lors de ses voyages internationaux. Général ayant autrefois travaillé à l'ambassade saoudienne au Royaume-Uni, il a été le membre principal de l'équipe. Lorsque Mutreb est arrivé à Istanbul avec son équipe, il avait une réservation jusqu'au 5 octobre dans un hôtel situé à quelques centaines de mètres du consulat saoudien dans le quartier de Levent. Il a pourtant quitté cet hôtel le jour même.


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Les images de vidéosurveillance ont révélé que tous les membres de l'équipe se trouvaient dans différents quartiers d'Istanbul le 2 octobre. Nous pensons qu'avant de quitter Riyad à bord d'un jet privé, l'équipe d'espions saoudiens connaissait le jour du départ de Jamal Khashoggi de Londres pour Istanbul, mais nous ne disposons d'aucune séquence vidéo ni d'une quelconque preuve pour étayer cette affirmation. Les Saoudiens savaient que Khashoggi figurait parmi les conférenciers dans le cadre de l'événement Oslo At 25 - A Legacy of Broken Promises6 qui se tenait à Londres en présence d'anciens ministres, ambassadeurs et parlementaires. Ils savaient également qu'il avait condamné le traitement de la question palestinienne par l'Arabie Saoudite. Les services de renseignements saoudiens avaient planifié à l'avance ce qui se passerait en temps et en heure, et ce dans les moindres détails.


Pourtant, un détail crucial leur a échappé: la police et les services secrets turcs allaient remonter leurs pas dans le temps et découvrir les raisons exactes de leur venue à Istanbul – et ce qu'ils y avaient fait exactement.



UN THRILLER SAOUDIEN


L'équipe saoudienne a élaboré un plan mûrement réfléchi, qui a tourné au scandale le 28 septembre, du fait de la vigilance de la Turquie. Les événements qui ont précédé l'assassinat de Jamal Khashoggi le 2 octobre ont commencé par une visite inopinée du journaliste au consulat saoudien à Istanbul après avoir quitté, le 28 septembre, l'officier d'état civil à Fatih, en tenant sa fiancée par la main: lors de sa première visite au consulat, Khashoggi avait fait la demande d'un document officiel indiquant qu'il pourrait célébrer son mariage en Turquie.


Le consulat lui a demandé de revenir le 2 octobre. Khashoggi a passé les quatre jours suivants à Londres. Les hommes, qui étaient arrivés plus tôt le même jour au terminal de l'aviation générale de l'aéroport de Atatürk, appartenaient à un escadron de la mort qui assassinerait Khashoggi de sang-froid. Alors que l'escadron de la mort saoudien foulait le sol turc, Khashoggi, lui, se trouvait toujours à l'aéroport de Atatürk. En d'autres termes, il était au même endroit au même moment que ses bourreaux – les membres de l'équipe qui l'a exécuté au sein du consulat d'Arabie Saoudite à peine neuf heures plus tard.


L'équipe avait prévu à l'avance la manière exacte dont ils allaient l'exécuter et se débarrasser de son corps. Ils étaient bien décidés à respecter ce plan. Des caméras de vidéosurveillance à l'aéroport ont filmé leurs regards impassibles, comme s'ils étaient des robots se préparant à exécuter des instructions, comme s'ils étaient guidés par une télécommande. Ils étaient comme des soldats de l'enfer, des tueurs à gages transformés en mutants par un virus mortel jusqu'alors inconnu du monde. S'ils n'avaient pas été dans cet état, ils n'auraient pas pu commettre l'un des meurtres les plus horribles de l'histoire.


Les journalistes aiment utiliser une expression pour expliquer comment ils déterminent la "valeur" d'un reportage: "C'est une info quand un homme mord un chien, pas l'inverse." Cette phrase résume bien pourquoi le meurtre de Jamal Khashoggi, dont tout le monde parle depuis des mois, a retenu l'attention du public. L'assassinat de Khashoggi symbolise cet homme qui mord le chien en termes de diplomatie, d'intelligence et du respect de la loi. Après tout, aucun incident de ce genre n'avait jamais été enregistré dans l'histoire de la diplomatie, du renseignement ou du maintien de l'ordre jusqu'à ce jour.


Connaissez-vous un autre cas où un escadron de la mort composé de 15 membres s'est rendu dans un autre pays à bord d'un jet privé enregistré auprès d'une compagnie aérienne détenue par le gouvernement – avec leurs véritables papiers d'identité, rien que ça ! – et est rentré au bercail après avoir tué et démembré une personne en moins de deux heures? Avez-vous entendu parler d'un consulat devenu une scène de crime? Le meurtre de Khashoggi est un événement inédit depuis l'invention de la littérature mystérieuse par Edgar Allan Poe, et nous ne connaissons rien de tel, ni dans les œuvres de John Le Carré, Frederick Forsyth et autres grands maîtres du thriller espion ni dans Diplomacy, de Henry Kissinger qui retrace l'histoire diplomatique du XXe siècle.


Le meurtre de Khashoggi représente une sorte de brutalité idiosyncrasique inégalée par les romans policiers. Le seul lien connu entre la fiction policière et le crime réel est sans doute Meurtre sur l'Orient Express, que l'écrivain britannique Agatha Christie, une légende du roman mystère, a écrit à l'hôtel Pera Palace à Istanbul en 1933. Beaucoup pensent que le véritable meurtrier, source d'inspiration du livre, n'a jamais été arrêté7.


Si Khashoggi n'avait pas été victime d'un crime si atroce, même selon les critères des livres policiers, et conduit vivant dans un autre lieu, les Saoudiens auraient cédé aux fortes pressions internationales et l'auraient rapatrié en secret – même s'ils l'avaient emmené à Riyad. D'ailleurs, ils auraient aussi pu le ramener brutalement. Après tout, l'information que notre journal Sabah a diffusée et que plusieurs médias internationaux, dont le New York Times et le Washington Post, ont relayé, révèle que tous les membres de l'escadron de la mort saoudien ont été identifiés publiquement.


Aucun autre meurtre dans l'histoire n'a été aussi remarquable en matière criminelle, aussi dédaigneux des règles des services de renseignement et aussi dépourvu d'éthique diplomatique.


À ce titre, l'affaire Khashoggi a été un piètre thriller criminel saoudien.




~ 2 ~

Coup de foudre

Main dans la main

au bureau des mariages



Jamal Khashoggi s'est rendu au consulat saoudien situé au 6, rue Camlik, à Istanbul dans le quartier du 4 Levent, le 28 septembre – quatre jours avant sa mort le 2 octobre. Plus tôt dans la journée, il s'était rendu chez l'officier de l'état civil du quartier de Fatih en tenant la main de sa fiancée, mais on lui avait signifié qu'il lui fallait un document attestant de son statut de célibataire. En d'autres termes, Khashoggi a dû se rendre sur le lieu de sa mort pour obtenir une "preuve de célibat". Conscients de ses besoins, les Saoudiens lui ont demandé de revenir le 2 octobre à 13h. C'est au cours de ces quatre jours de battement qu'ils ont organisé le meurtre de Khashoggi. Nous verrons plus loin où se trouvaient les 18 membres de l'équipe, impliqués directement ou indirectement dans le meurtre, et comment ils se sont entraînés pour leur mission. Intéressons-nous d'abord à l'emplacement de Khashoggi et à ce qu'il faisait.


Les jours qui se sont écoulés entre la première visite de Khashoggi au consulat et son assassinat sont cruciaux1. Nous devons cependant remonter jusqu'aux prémices du coup de foudre qui a conduit Khashoggi à se rendre au consulat pour obtenir des documents de mariage – le jour où il a rencontré Hatice Cengiz, sa fiancée et une diplômée du lycée Imam Hatip, à Bursa. Elle se présente comme une érudite des États du Golfe souhaitant se familiariser avec cette partie du monde. À cette fin, elle a assisté, du 4 au 6 mai 2018, à une conférence dans laquelle Khashoggi a pris la parole. Le 26 octobre, Cengiz a raconté les circonstances de sa rencontre lors d'une interview avec la chaîne de télévision turque Habertürk:


Je suivais M. Jamal de très près. Bien que la région du Golfe n'attire pas beaucoup d'attention, je pensais qu'il était primordial de connaître cette partie du monde. Mon travail m'amène à assister à de nombreuses conférences – en particulier sur la région du Golfe. C'est ainsi que j'ai rencontré M. Jamal. Je voulais le rencontrer. Beaucoup de questions me trottaient dans l'esprit au sujet de l'Arabie Saoudite. Notre conversation a évolué à partir de là. M. Jamal était bien connu en Europe et ailleurs dans le monde, mais pas en [Turquie].


Après notre première rencontre, je lui ai annoncé que je souhaitais publier mon entretien avec lui et que j'espérais l'approfondir. Il a proposé que l'on se rencontre la prochaine fois qu'il serait à Istanbul. Il est ensuite venu en Turquie et nous nous sommes vus. C'était une réunion rapide, car nos emplois du temps étaient très chargés ce jour-là. C'est à ce moment-là que notre relation a commencé. La plupart des questions, peut-être 70 % d'entre elles, étaient personnelles. Le suivi a montré qu'il s'agissait effectivement d'une réunion privée. De retour aux États-Unis, il m'a dit qu'il désirait me voir. C'est ainsi que notre relation est née.2



LE JOURNALISTE QUI A DEMANDÉ

LA BÉNÉDICTION À LA FAMILLE.


C'est Turan Kışlakçı, l'un des amis les plus proches de Khashoggi et le président de l'Association des journalistes turco-arabes, qui a demandé au père de Hatice Cengiz sa bénédiction pour le mariage de sa fille avec Jamal Khashoggi. Quand Khashoggi a croisé les jambes lors de la rencontre avec la famille de Hatice, c'est Kışlakçı qui l'a admonesté en arabe pour qu'il décroise les jambes. Originaire de la province d'Erzurum, dans l'est de la Turquie, la famille Cengiz habitait à Fatih dans la capitale Istanbul.

Le père de Hatice tenait un café dans le quartier de Fatih. Lors d'une interview avec les auteurs de ce livre, Kışlakçı a décrit la présentation de Khashoggi à Hatice Cengiz comme suit:


Après leur rencontre à la conférence de mai, Hatice Cengiz a accompagné Khashoggi à un événement musical auquel il avait pour habitude d'assister les vendredis. C'est ainsi qu'ils se sont rapprochés en premier lieu. L'événement consistait en des concerts de musique religieuse. Je crois que c'était le 3 août.

Khashoggi m'a appelé fin août ou début septembre.

- Turan, je veux te confier quelque chose, il a dit.

- Je vais épouser une Turque.

Je lui ai fait part de ma surprise et lui ai demandé qui c'était.

- Tu la connais déjà. Tu te souviens de Hatice, que j'ai amené à l'événement musical ce soir-là? C'est elle.

Je lui ai demandé comment c'était arrivé.

- Je te raconterai tout une fois sur place, mais j'ai une faveur à te demander: pourrais-tu demander la bénédiction de son père en mon nom?

Je lui ai répondu que je serais heureux de rendre visite au père de Hatice si elle était d'accord. Il s'est réjoui:

- Vas-y, Turan!

J'ai dit à Hatice Cengiz que je souhaitais parler à son père. Elle m'a donné son numéro de téléphone, mais elle m'a averti que son père était "un Anatolien, alors parle-lui en connaissance de cause."

Son père m'a demandé mon avis. Je lui ai dit de ne pas s'inquiéter de la différence d'âge:

- Je suis contre ce genre de choses. Si une femme et un homme s'aiment, les parents n'ont pas le droit d'intervenir. La seule chose à prendre en compte, c'est ce que vous pouvez faire pour la protéger. Votre fille est une personne raisonnable et cet homme est assez mûr.

Il m'a répondu qu'il ne demandait rien pour lui-même, mais qu'il voulait le meilleur pour sa fille. Je ne veux pas entrer dans les détails. Ces choses se sont produites à la mi-septembre – environ une semaine avant sa première visite au consulat, le 28 septembre.

Finalement, j'ai dit au père de Hatice que je souhaitais me retirer et lui ai recommandé de laisser sa fille et Jamal s'occuper du reste. "Ne nous mêlons pas de leurs affaires," dis-je. Jamal a ensuite acheté l'appartement aux Résidences Europe à Topkapi.


Kışlakçı nous a ajouté qu'il a communiqué avec Jamal Khashoggi par téléphone une seule fois entre le 28 septembre et le 2 octobre:


Il était à Londres pour assister à une conférence. J'étais très occupé et nous ne pouvions pas discuter plus en détail. Nous avons parlé au téléphone une fois pendant son séjour à Londres. Je l'ai appelé et lui ai demandé où il se trouvait. Il m'a dit qu'il était avec des amis turcs au Sharq Forum et m'a invité à les rejoindre. Je lui ai dit que je ne pouvais pas venir. Je ne savais pas qu'il avait voyagé deux fois à Londres.



DE L'OFFICIER DE L'ETAT CIVIL AU CONSULAT


Le 28 septembre, Khashoggi était arrivé à Istanbul de Londres tôt le matin, comme il l'avait fait le jour de son assassinat. Son image a été capturée à 4h07 du matin par une caméra de vidéosurveillance au comptoir de contrôle des passeports. Il portait un pull jaune.


Le fait qu'il ait passé le contrôle des passeports à peu près à la même heure que le 2 octobre indique qu'il a pris deux fois le même vol au départ de Londres. Le 28 septembre, Khashoggi a pris un taxi jaune de l'aéroport de Atatürk vers son appartement de Topkapi. Il a rencontré sa fiancée, Hatice Cengiz, le matin et ils se sont rendus à la mairie du quartier de Fatih pour les formalités de mariage. D'après les images vidéo obtenues par les auteurs, Khashoggi et Cengiz sont entrés dans l'immeuble, main dans la main, à 9h20.


Le couple s'est assis en face d'un fonctionnaire de l'officier de l'état civil. Dans les 5 minutes qui ont suivi, ils ont obtenu des renseignements et reçu une liste de pièces officielles à fournir pour finaliser leur dossier de candidature. Hatice Cengiz a récupéré le dossier et s'est levée de sa chaise. Khashoggi et sa fiancée ont parcouru le document qu'ils avaient reçu du (suite dans le livre )



Préface .............................................................................................9


Partie I Quis.....................................................................................15

1 Jamal Khashoggi les dernières 24 heures...................................17

2 Coup de foudre Main dans la main au bureau des mariages.......25

3 Les lourds secrets derrière le meurtre.........................................37

4 Des mystérieux assassinats par les services secrets......................73


Partie II Quid..................................................................................81

5 L'enregistrement audio..............................................................83

6 Où se trouve le corps de Khashoggi ?.......................................107

7 La diplomatie juridique de la Turquie.......................................123


Partie III Quando

8 Calendrier de l'assassinat de Khashoggi....................................131

9 Les opérations secrètes de la «Tigre Team»...............................141

10 Le dilemme de Trump............................................................161


Partie IV Ubi

11 La doublure...........................................................................179

12 À la résidence consulaire, cinq sacs se volatilisent...................185

13 Les liens secrets du chef de station..........................................195

14 Preuves génétiques.................................................................205

15 La politique de la Turquie vis à vis du prince MBS..................211


Partie V Cur

16 Les cellules dormantes de la Tiger Team.................................221

17 Assassinats planifiés par des agences en Turquie.....................227

18 La déconstruction d'une scène de crime..................................233

19 Les trois composantes du meurtre de Khashoggi....................247


Partie VI Quem ad modum

20 Le projet secret de Jamal Khashoggi......................................261

21 La carrière de Jamal Khashoggi.............................................283

22 Les plaques d'identification de l'escadron de la mort...............295

23 Qui est Mohammed ben Salmane ?........................................299


Postface........................................................................................ .305





1 Selon son passeport, la date de naissance officielle de Jamal Khashoggi est le 22 janvier 1958. Sa fiancée a toutefois indiqué aux auteurs de ce livre que Khashoggi est en fait né le 13 octobre 1958.

2 Les auteurs ont fourni un compte rendu détaillé des mouvements de Khashoggi à l'aéroport sur la base des images de vidéosurveillance qu'ils ont obtenues.

3 La police a pénétré dans l'appartement grâce à l'aide d'un serrurier et a cherché des preuves pendant trois heures. Ils ont trouvé l'ADN de Khashoggi. Celui-ci avait laissé des traces sur certains objets de l'appartement, où il était arrivé quelques heures avant son assassinat.

4 D'après les images de vidéosurveillance.

5 Le processus est décrit par les auteurs comme «surveillance électronique».

6 Oslo 25: un héritage de promesses non tenues.

7 125 Unknown Facts About Agatha Christie, CNN Türk Online, 21 octobre 2015.




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