La peste de la corruption



Préface

Le courage moral et notre avenir commun

par Robert F. Kennedy, Jr.


« Le 29 octobre 2018, les intérêts pharmaceutiques, dirigés par Bill Gates, ont finalement réussi à évincer le professeur Gøtzsche. Une superpuissance contrôlée par Gates a renvoyé Gøtzsche de la Cochrane Collaboration après qu'il eut publié une critique bien fondée du vaccin contre le VPH3. En 2018, le gouvernement danois, sous la pression de l'industrie pharmaceutique, a licencié Peter Gøtzsche du Rigshospitalet de Copenhague. Ses découvertes sur le vaccin contre le VPH mettaient en péril les revenus de l'industrie pharmaceutique. »


« Et pourtant, elle tourne ! » Galilée a murmuré ces paroles audacieuses en 1615 en quittant le tribunal de l'Inquisition romaine devant lequel il venait de rejeter son postulat que la Terre – centre immobile de l'Univers selon l'orthodoxie – tourne autour du Soleil. Sans cette rétractation, il aurait perdu la vie. Nous nous plaisons à imaginer les combats de Galilée comme l'artefact pittoresque d'une sombre époque marquée par l'ignorance et la tyrannie, où l'on ne pouvait contester les superstitions consacrées par les gouvernements qu'à ses risques et périls. L'histoire du Dr Judy montre que les orthodoxies persistantes imposées par les entreprises pharmaceutiques et les régulateurs gouvernementaux corrompus pour protéger le pouvoir et les bénéfices demeurent une force dominante en science comme en politique.

Le docteur Judy Mikovits comptait parmi les scientifiques les plus compétents de sa génération. Elle a débuté sa carrière professionnelle par une licence en chimie, obtenue le 10 juin 1980 à l'Université de Virginie, qui lui a conféré le titre de chimiste des protéines à l'Institut national du cancer (National Cancer Institute, désormais cité NCI) où elle a travaillé sur le projet salutaire de la purification de l'interféron. La qualité de son travail et la fiabilité de ses coups de génie l'ont propulsée sans tarder au sommet du monde scientifique dominé par les hommes de la recherche scientifique. Au NCI, elle a entamé ce qui deviendra une collaboration de 20 ans avec le docteur Frank Ruscetti, un pionnier dans le domaine de la rétrovirologie humaine. Alors qu'il dirigeait le laboratoire de Robert Gallo en 1977, Ruscetti a marqué l'histoire scientifique par la découverte, avec Bernie Poiesz, du premier rétrovirus humain: le HTLV-1 (virus de la leucémie à cellules T). Un rétrovirus est un « virus furtif » qui, tel le VIH, pénètre dans l'hôte sans alerter le système immunitaire. Il peut alors rester dormant des années sans causer le moindre dégât. Avant de provoquer la mort, un rétrovirus détruit généralement le système immunitaire. De ce fait, de nombreux rétrovirus sont responsables de cancers. Grâce à leur compréhension toujours plus approfondie du comportement des rétrovirus ainsi qu'à la thèse de doctorat primée de Judy Mikovits, obtenue à l'Université George Washington en 1991, Ruscetti et Mikovits ont changé le paradigme du traitement du VIH-SIDA, transformant cette maladie, auparavant perçue comme une condamnation à mort, en une situation gérable.

Dès le départ, l'obstacle le plus redoutable à l'avancement de la carrière du Dr Mikovits n’était autre que son intégrité scientifique. Elle l'a toujours placée au-dessus de son ambition personnelle. Judy Mikovits n'a jamais eu l'intention de se lancer dans un débat de santé publique. Elle ne s'est jamais considérée comme une rebelle ou une révolutionnaire. Ses proches travaillaient principalement au sein du gouvernement ou des forces de l'ordre. Ils avaient foi dans les principes américains fondamentaux: travail acharné, respect de l'autorité et, avant tout, de la vérité. Ce cadre de référence lui interdisait d'abandonner ses critères traditionnels élevés de probité et d'intégrité, alors même qu'ils étaient devenus une entrave.

Après son départ de l'Institut national de la santé (National Institute of Health, désormais cité NIH), elle a travaillé pour la société Upjohn, dirigeant un projet visant à prouver l'innocuité de son produit phare, l'hormone de croissance bovine (Bovine Growth Hormone, désormais cité BGH). Lorsqu’elle a découvert que la formule de la société était susceptible de provoquer des changements précancéreux dans les cultures de cellules humaines, elle a refusé les ordres directs de son supérieur de dissimuler ses résultats. Les découvertes de Judy Mikovits indiquaient que l'omniprésence de l'hormone dans le lait pouvait entraîner un cancer du sein chez les femmes qui en consommaient. Son refus d'obtempérer a précipité son départ de la sociétéUpjohn et son retour au NIH et à la faculté des études supérieures. Le combat de Judy contre le BGH a finalement conduit à l’abandon du produit par Upjohn.

En 2009, désormais en poste à l'Université, Judy Mikovits et Ruscetti, qui était encore au NCI, ont dirigé une équipe qui a mis au jour une corrélation étroite entre un rétrovirus jusqu'alors inconnu et l'encéphalomyélite myalgique, communément appelée syndrome de fatigue chronique (EM/SFC). Comme on pouvait s'y attendre, le rétrovirus était également associé à certains cancers du sang. Des collaborateurs l'avaient nommé Xenotropic Murine Leukemia Related Virus (XMRV) lorsqu'ils l'avaient détecté la première fois, quelques années plus tôt, au niveau des séquences d'ADN dans un cas de cancer de la prostate.

La communauté médicale avait traité le syndrome de fatigue chronique, qui touche surtout les femmes, en toute mauvaise foi depuis son apparition au milieu des années 1980. L'establishment médical avait tourné en dérision l'EM/SFC, qu'il a qualifié de « grippe des yuppies » et imputé à la fragilité psychologique inhérente aux femmes en poste au sein d'un écosystème corporatif hautement stressant. Pourtant, Judy Mikovits a trouvé des preuves de la présence du rétrovirus chez environ 67% des femmes atteintes d'EM/SFC et chez un peu moins de 4% de la population bien portante.

Le 8 octobre 2009, Mikovits et Ruscetti ont publié leurs conclusions explosives dans la revue Science, décrivant la toute première isolation du rétrovirus XMRV récemment découvert et son association avec l'EM/SFC. Leur révélation sur l'EM/SFC leur a immédiatement attiré les foudres des autorités du cancer, jalouses et obstinément réfractaires à toute science qui associerait cancer et maladies neuro-immunologiques à des virus.

Les protestations ont été d'autant plus vives que les recherches ultérieures de Mikovits ont laissé entendre que le nouveau rétrovirus, initialement détecté chez la souris, s'était en quelque sorte transmis à l'homme par le biais de vaccins contaminés.

Plus troublant encore pour l'establishment médical, les recherches du Dr Mikovits ont révélé que de nombreuses femmes souffrant du XMRV avaient des enfants autistes. Suspectant que le XMRV pouvait être transmis de la mère à l'enfant, comme dans le cas du VIH, le Dr Mikovits a testé 17 de ces enfants; 14 d'entre eux présentaient des signes du virus. Ces résultats concordent avec les déclarations des parents faisant état d'une régression autistique survenue après la vaccination. Des études complémentaires ont établi un lien entre le XMRV et des épidémies de leucémie, de cancer de la prostate, de maladies auto-immunes et l'explosion de la maladie d'Alzheimer.

Pire encore, les recherches ont également démontré une contamination généralisée par le XMRV dans les réserves de sang et les produits sanguins. D'après ses recherches et les conclusions d'autres chercheurs, il semblerait que 3 à 8% de la population soit aujourd'hui porteuse du virus XMRV, qui s'est introduit dans l'écologie humaine, transmis de la mère à l'enfant in vitro ou par le biais du lait maternel. Selon les données de Mikovits, plus de 10 millions d'Américains seraient porteurs de ce virus tel une bombe à retardement – une menace potentiellement bien plus grave que l'épidémie de VIH-SIDA.

En janvier 2011, l'expert du VIH-SIDA Ben Berkhout a publié ces découvertes alarmantes dans la revue Frontiers in Microbiology. Y figurent les preuves, avancées par Mikovits, que le tissu de souris utilisé dans la production de vaccins constituait le vecteur probable de la contamination humaine. À l'insu de Judy, son coauteur, Kent Heckenlively, avait déjà découvert par lui-même des publications médicales attestant que la première épidémie d'EM/SFC avait touché 198 médecins et infirmières du Los Angeles County Hospital en 1934-1935, à la suite de l'injection d'un vaccin expérimental contre la polio développé dans des tissus cérébraux de souris.

Les données de Judy ont fait craindre une catastrophe financière aux compagnies pharmaceutiques du monde entier en raison de l'utilisation irréfléchie qu'elles font des cultures de cellules animales pour fabriquer vaccins et autres produits pharmaceutiques. Ses observations ont compromis les milliards de dollars de chiffre d'affaires de toute une filière médicale connue sous le nom de « biotechnologie », qui dépend essentiellement des tissus et produits d'origine animale.

Les compagnies pharmaceutiques et leurs régulateurs captifs se sont alors déchaînés contre Mikovits et Ruscetti, les attaquant de toutes parts.

Le journal Science a exercé une vive pression sur Madame Mikovits afin qu'elle revienne sur son article publié en octobre 2009. En septembre 2011, le Whittemore Peterson Institute de l'Université du Nevada, à Reno, a démis Judy de ses fonctions de professeur. Elle et sa famille avaient aussi remarqué que des hommes à l'allure menaçante la suivaient à bord de camionnettes, et d'autres incidents donnaient à penser qu'elle était surveillée. Un jour, des malfrats ont encerclé sa maison, la forçant à s'enfuir en bateau. Après sa fuite, ils ont fait irruption chez elle sous prétexte qu'ils travaillaient pour le gouvernement. En novembre, la police de Ventura a arrêté Judy sans mandat et l'a placée en détention pendant 5 jours sans possibilité de libération sous caution. La police a fouillé sa maison de fond en comble, dispersant ses papiers partout. Ce même jour, les policiers ont perquisitionné la maison de son amie Lilly et l'ont forcée à rester assise sur une chaise pendant plusieurs heures pendant qu'ils saccageaient le lieu. Les responsables du NIH ont déclaré à la police du Nevada que le Dr Mikovits avait illégalement emporté ses cahiers de recherche de leur laboratoire. C'était là une fausse accusation. En tant que chercheur principal, chargé de 2 projets financés par le gouvernement, le Dr Mikovits était tenue de conserver tous ses documents de recherche... Du reste, Judy avait déposé tous les cahiers au bureau de son Université le 29 septembre. Le même jour, on a cambriolé son bureau, pris ses carnets et ils ont été cachés dans un placard à son domicile, vraisemblablement dans le but de l'incriminer. Quelques semaines plus tard, alors que Judy croupissait dans une cellule de prison, son mari, David, a trouvé les documents dans un placard obscur de sa maison en Californie du Sud, soigneusement empaquetés dans un sac de plage en lin. David les a frénétiquement emmenés à la prison après minuit et les a remis à la police de Ventura.

Pendant son séjour en prison, l'ancien patron de Judy a dit à son mari et au Dr Ruscetti que la police était disposée à la libérer, moyennant une simple lettre d'excuses où elle reconnaissait l'inexactitude de son article, afin de sauver sa carrière. Judy a refusé. Aucun procureur n'a jamais porté plainte contre elle mais elle est devenue la cible d'une campagne de diffamation menée par le cartel pharmaceutique et ses revues scientifiques soumises. Moins de 2 ans auparavant, Science l'avait célébrée. Aujourd'hui, cette même revue a publié sa photo anthropométrique et a supprimé l'article.

Judy a perdu les subventions fédérales dont elle bénéficiait en tant que chercheuse attitrée. Elle a fait faillite en essayant de poursuivre son travail et de rétablir sa réputation. Les revues scientifiques, certes toutes contrôlées aujourd'hui par Big Pharma, ont refusé de publier ses articles. Les bibliothèques médicales du NIH l'ont exclue. En dépit de tous les frais juridiques s'élevant à des centaines de milliers de dollars, elle n'a pu être entendue par un tribunal. Le procureur américain du Nevada conserve l'affaire « sous scellés » depuis des années. Les actes frauduleux des responsables de la santé publique aux plus hauts niveaux des services de santé et des services sociaux (Health and Human Services, désormais cité HHS) l'ont bel et bien rendue inemployable.

La persécution des scientifiques et des médecins qui osent contester les orthodoxies n'a pas connu le moindre répit depuis Galilée: il en a toujours été ainsi et le risque professionnel demeure encore à ce jour. La pièce de théâtre intitulée Un ennemi du peuple, écrite par Henrik Ibsen en 1882, est une parabole illustrant l'écueil posé par l'intégrité scientifique. Ibsen raconte l'histoire d'un médecin résidant dans le sud de la Norvège qui découvre que les bains publics de sa ville, populaires et lucratifs, rendent malades les visiteurs qui affluent pour une cure de jouvence. Les rejets des tanneries locales ont contaminé les stations thermales de bactéries mortelles. Lorsque le médecin divulgue l'information, les commerçants locaux, rejoints par des fonctionnaires du gouvernement, leurs alliés de la « presse indépendante à tendance libérale » et d'autres parties prenantes financières se hâtent de le museler. Les autorités médicales lui confisquent son permis d'exercer, et les riverains le vilipendent en le qualifiant d'« ennemi du peuple ».

Le médecin fictif d'Ibsen a vécu ce que les spécialistes des sciences sociales appellent le « réflexe de Semmelweis ». Cette expression décrit la répulsion viscérale avec laquelle la presse, la communauté médicale et scientifique ainsi que les intérêts financiers connexes accueillent les nouvelles preuves scientifiques qui viennent contredire un paradigme scientifique établi. Ce réflexe peut être particulièrement féroce là où de nouvelles informations scientifiques semblent indiquer que des pratiques médicales en vigueur nuisent à la santé publique.

Les épreuves vécues par Ignaz Semmelweis, médecin hongrois, ont inspiré le titre et la pièce d'Ibsen. En 1847, le Dr Semmelweis occupait un poste de professeur adjoint à la maternité de l'hôpital général de Vienne, où environ 10% des femmes décédaient de la fièvre puerpérale, dite du post-partum. Se fondant sur sa théorie favorite selon laquelle la propreté peut atténuer la transmission de « particules » pathogènes, Semmelweis introduisit la pratique du lavage obligatoire des mains pour les internes entre la réalisation des autopsies et l'accouchement. Le taux de fièvre puerpérale mortelle tombe immédiatement à environ 1%. Semmelweis publie ces résultats.

Loin de lui dresser une statue, la communauté médicale, refusant d'admettre sa propre culpabilité pour le préjudice subi par tant de patientes, exclut le médecin de la profession. Ses anciens collègues le piègèrent, l'incitant à se rendre dans un établissement psychiatrique en 1865, où ils l'internèrent ensuite contre son gré. Semmelweis mourut dans des circonstances mystérieuses 2 semaines plus tard; 10 ans après, la théorie des germes de Louis Pasteur et les travaux de Joseph Lister sur l'assainissement des hôpitaux finirent par donner raison à Semmelweis.

Les exemples modernes abondent. Herbert Needleman, de l'Université de Pittsburgh, a subi les effets du réflexe Semmelweis dans les années 1980, lorsqu'il a révélé la toxicité du plomb sur le cerveau. Needleman a publié une étude révolutionnaire dans le New England Journal of Medicine en 1979, démontrant que les enfants dont les dents présentent des niveaux élevés de plomb obtiennent des résultats nettement inférieurs aux tests d'intelligence, aux tests auditif et vocal et aux mesures de l'attention. À partir du début des années 1980, les industries du plomb et du pétrole (l'essence au plomb était un produit pétrolier lucratif) ont mobilisé des sociétés de relations publiques et des consultants scientifiques et médicaux pour démolir les recherches de Needleman ainsi que sa crédibilité. L'industrie a fait pression sur l'Agence de protection de l'environnement, le Bureau de l'intégrité scientifique au NIH et l'Université de Pittsburgh pour que des enquêtes soient ouvertes contre Needleman. Au final, le gouvernement fédéral et l'Université ont donné raison à Needleman mais l'impact de l'attaque cinglante de l'industrie a ruiné sa carrière universitaire et paralysé la recherche de pointe. Cette affaire a apporté une preuve durable de la capacité de l'industrie à perturber la vie des chercheurs qui s'avisent de remettre en question la sécurité de leurs produits.

Rachel Carson a connu le même sort au début des années 1960, lorsqu'elle a dénoncé les dangers du pesticide DDT de Monsanto, que la communauté médicale prônait alors comme prophylactique contre les poux et la malaria. Des représentants du gouvernement et des professionnels de la santé, sous l'égide de l'Association médicale américaine, se sont joints à Monsanto et à d'autres fabricants de produits chimiques, pour lancer une violente offensive contre Rachel Carson. Elle a été traitée de « femme hystérique » par les revues spécialisées et les médias populaires. Le discours de l'industrie la tournait en dérision, en la qualifiant de « vieille fille » – euphémisme contemporain pour « lesbienne » – et en fustigeant son « manque de connaissances scientifiques ». Des critiques virulentes de son livre sont apparues dans les pages éditoriales de Time, Life, Newsweek, le Saturday Evening Post, US News and World Report et même Sports Illustrated. Je suis profondément fier que mon oncle, le président John F. Kennedy, ait joué un rôle capital dans la réhabilitation de Carson. En 1962, défiant le Département de l'Agriculture des états-Unis, une agence dans le même lit que Monsanto, il a nommé un panel de scientifiques indépendants qui ont validé chaque assertion matérielle du livre de Carson, Printemps silencieux.

L'expérience du docteur et épidémiologiste britannique Alice Stewart offre une analogie presque parfaite avec le lynchage subi par Judy Mikovits du cartel médical. Dans les années 1940, Stewart était l'une des rares femmes de sa profession et la plus jeune jamais élue au Collège royal de médecine. Elle a commencé à enquêter sur la fréquence élevée des cancers infantiles au sein de familles aisées, phénomène d'autant plus déroutant que la maladie est habituellement associée à la pauvreté et rarement à l'aisance. En 1956, Stewart a publié un article dans The Lancet, où elle affirmait vigoureusement que la pratique courante consistant à soumettre les femmes enceintes à des radiographies était à l'origine des carcinomes qui ont, par la suite, affecté leurs enfants. Selon Margaret Heffernan, auteur de Willful Blindness1, la découverte de Stewart « allait à l'encontre des idées reçues » – l'enthousiasme de la profession médicale pour la nouvelle technologie des rayons X – et de « l'idée que les médecins se faisaient d'eux-mêmes, à savoir qu'ils étaient des individus qui aidaient les patients ». Une coalition de régulateurs gouvernementaux, de promoteurs du nucléaire et de l'industrie nucléaire se sont alliés aux établissements médicaux américains et britanniques pour livrer un combat sans merci à Alice Stewart. Décédée en 2002 à l'âge de 95 ans, elle n'a plus jamais bénéficié d'une quelconque subvention pour ses recherches en Angleterre. Il a fallu attendre 25 ans après la publication de son article pour que l'establishment médical reconnaisse enfin ses découvertes et renonce à radiographier les femmes enceintes.

Judy Mikovits est l'héritière de ces martyrs et, plus directement, d'une longue lignée de scientifiques que les responsables de la santé publique ont punis, exilés et ruinés expressément pour avoir perpétré des hérésies contre les orthodoxies vaccinales régnantes.

Le Dr Bernice Eddy était une virologiste primée et l'une des scientifiques féminines de premier plan dans l'histoire du NIH. Avec sa partenaire de recherche Elizabeth Stewart, elles ont été les premières chercheuses à isoler le polyomavirus, le premier virus dont on a prouvé le caractère cancérigène. En 1954, le NIH a demandé à Bernice Eddy de diriger les essais du vaccin anti-polio du laboratoire Salk. En testant 18 macaques, elle a découvert que le vaccin Salk renfermait des résidus du virus vivant de la polio, qui paralysaient les singes. Le Dr Eddy a alerté ses supérieurs du NIH sur la dangerosité du vaccin mais ils ont balayé ses inquiétudes d'un revers de la main. La distribution de ce vaccin par Cutter Labs en Californie a déclenché la pire épidémie de polio de l'histoire. Les responsables de la santé ont contaminé 200.000 personnes avec un poliovirus vivant; 70.000 sont tombées malades, 200 enfants ont été paralysés et 10 personnes sont décédées.

En 1961, elle a découvert qu'un virus de singe cancérigène, le SV40, avait contaminé 98 millions de vaccins Salk contre la polio. Lorsqu'elle a injecté le virus SV40 à des hamsters nouveau-nés, les rongeurs ont développé des tumeurs. La découverte d'Eddy s'est révélée embarrassante pour de nombreux scientifiques qui travaillaient sur le vaccin. Au lieu de la récompenser pour sa contribution visionnaire, les responsables du NIH l'ont évincée de la recherche sur la polio et affectée à d'autres tâches. Le NIH a occulté cette information alarmante et a maintenu l'utilisation des vaccins.

À l'automne 1960, la New York Cancer Society l'a invitée à intervenir lors de sa conférence annuelle. Bernice Eddy a choisi le sujet des tumeurs induites par le polyomavirus. Cependant, elle a également décrit des tumeurs causées par l'agent viral SV40 dans des cellules rénales du singe. Son responsable au NIH l'a sévèrement réprimandée pour avoir divulgué cette découverte et l'a tenue à l'écart des communications de crises sanitaires. Eddy a demandé la publication de ses travaux sur le virus qui présentent l'approvisionnement en vaccins contaminés comme une urgence sanitaire. Les hauts responsables de l'Agence ont fait obstruction à leur publication, permettant ainsi à Merck et Parke-Davis de continuer à commercialiser le vaccin oncogène auprès de millions d'adultes et enfants américains.

Le 26 juillet 1961, le New York Times a rapporté que Merck et Parke-Davis retiraient leurs vaccins Salk. L'article ne faisait aucune mention du cancer. Le Times a publié cet article en page 33, à côté d'un compte-rendu sur les amendes impayées de bibliothèques.

Tandis que les deux sociétés pharmaceutiques, Merck et Parke-Davis rappellaient leur vaccin contre la polio en 1961, les responsables du NIH ont refusé de procéder à un rappel général du reste du stock, craignant de porter atteinte à la réputation du programme de vaccination au cas où les Américains venaient à découvrir que le Service de Santé publique les avait infectés avec un virus cancérigène. Ainsi, ne se doutant de rien, des millions d'Américains ont reçu des vaccins cancérigènes entre 1961 et 1963. Le Service de Santé a ensuite dissimulé ce « secret » pendant 40 ans. Au total, 98 millions d'Américains ont reçu des vaccins renfermant potentiellement le virus responsable du cancer, qui fait désormais partie du génome humain. En 1996 en effet des chercheurs gouvernementaux ont identifié le SV40 dans 23% des échantillons sanguins et 45% des échantillons de sperme prélevés sur des adultes en bonne santé. 6% des enfants nés entre 1980 et 1995 en sont porteurs. Les responsables de la santé publique avaient administré le vaccin à des millions de personnes pendant des années tout en sachant pertinemment qu'il était contaminé. Ils ont transmis à l'humain un virus de singe et ont nié toute responsabilité.

Aujourd'hui, le SV40 est utilisé dans les laboratoires de recherche du monde entier parce qu'il est incontestablement cancérigène. Les chercheurs l'utilisent pour produire une grande variété de cancers des os et des tissus mous, y compris le mésothéliome et les tumeurs cérébrales chez les animaux. Ces cancers ont explosé parmi les baby boomers, qui ont reçu les vaccins anti-polio Salk et Sabin entre 1955 et 1963. Les cancers de la peau ont augmenté de 70%, les lymphomes et les cancers de la prostate de 66% et les cancers cérébraux de 34%. Avant 1950, le mésothéliome était rare chez l'homme. Aujourd'hui, les médecins diagnostiquent chaque année près de 3.000 mésothéliomes chez les Américains; 60% des tumeurs testées contiennent le SV40. Également, les scientifiques détectent le SV40 dans un large éventail de tumeurs mortelles, dont 33 à 90% des tumeurs cérébrales, 8 épendymomes sur 8 et près de la moitié des tumeurs osseuses testées.

Par mesures successives, le NIH a interdit à Bernice Eddy de parler en public ou d'assister à des conférences scientifiques; il a confisqué ses articles, l'a purement et simplement exclue de la recherche sur les vaccins, avant de détruire ses animaux et de lui interdire l'accès à ses laboratoires. Le sort d'Eddy demeure un scandale aux yeux de la communauté scientifique, mais le traitement que lui a réservé le NIH est devenu un modèle normalisé pour les régulateurs fédéraux des vaccins face aux scientifiques dissidents qui aspirent à établir la vérité sur les vaccins.

Le Dr John Anthony Morris était un bactériologiste et virologue qui a travaillé depuis 1940 au NIH et à la Food and Drug Administration (FDA) pendant 36 ans. Il était le responsable des vaccins pour le Bureau des normes biologiques (Bureau of Biological Standards, désormais cité BBS) au NIH et plus tard à la FDA lorsque le BBS a été transféré à cette agence dans les années 1970. Le Dr Morris a agacé ses supérieurs en faisant valoir que les recherches menées par son unité démontraient qu'il n'existait aucune preuve fiable de l'efficacité des vaccins antigrippaux dans la prévention de la grippe; il a notamment accusé son supérieur hiérarchique de baser le programme de vaccination de masse du HHS contre la grippe porcine principalement sur une campagne de peur sans fondement scientifique ainsi que sur les fausses déclarations des fabricants pharmaceutiques. Il a averti que le vaccin était dangereux et pouvait entraîner des lésions neurologiques. Son supérieur des Centres de contrôle et prévention des maladies (Centres for Disease Control and Prevention, désormais cité CDC) l'a mis en garde: « Je vous conseille de ne pas en parler. »

Sitôt que les vaccinés ont rapporté les effets indésirables, y compris la maladie de Guillain Barré, le Dr Morris a désobéi à cet ordre et a tout dévoilé. Il a déclaré que le vaccin antigrippal était inefficace et potentiellement dangereux et qu'il ne pouvait trouver aucune preuve de la dangerosité de cette grippe porcine ni de sa propagation d'homme à homme.

En représailles, les fonctionnaires de la FDA ont confisqué ses matériaux de recherche, changé les serrures de son laboratoire, réaffecté son personnel de laboratoire et bloqué toutes ses tentatives de publier ses résultats. La FDA a assigné le Dr Morris à une petite pièce dépourvue de téléphone. Quiconque souhaitait le voir devait obtenir l'autorisation du chef du laboratoire. En 1976, le HHS a licencié le Dr Morris sous prétexte qu'il n'avait pas rendu les livres de la bibliothèque à la date prescrite.

Les événements ultérieurs ont conforté le scepticisme du Dr Morris sur le vaccin contre la grippe porcine. Le programme de vaccination de 1976 contre la grippe porcine était grevé de problèmes si bien que le gouvernement a interrompu le programme après la vaccination de 49 millions de personnes. Parmi les victimes du vaccin figuraient 500 cas de Guillain Barré, dont 200 paralysés et 33 morts. En outre, l'incidence de la grippe porcine parmi les vaccinés était 7 fois plus importante que parmi les non-vaccinés, selon les informations parues dans la presse.

À en croire sa notice nécrologique dans le New York Times, le Dr Morris aurait déclaré: « Les fabricants de ces vaccins (contre la grippe) savent qu'ils ne valent rien, mais ils continuent à les vendre malgré tout. » En 1979, il a confié au Washington Post: « C'est une escroquerie médicale... Je crois que le public devrait disposer d'informations véridiques sur la base desquelles il peut décider de prendre ou non le vaccin », ajoutant: « Je crois que s'ils avaient accès aux données complètes, ils ne prendraient pas le vaccin. »

En 2002, la FDA a utilisé la même méthode pour isoler, réduire au silence et écarter du service public son épidémiologiste vedette, le Dr Bart Classen, lorsque ses vastes études épidémiologiques, les plus importantes jamais réalisées, ont établi un lien entre les vaccins contre le Hib2 et l'épidémie de diabète juvénile. La FDA a ordonné au Dr Classen de s'abstenir de publier les études financées par le gouvernement, lui a interdit de communiquer publiquement sur l'épidémie alarmante pour finalement l'évincer du service gouvernemental.

En 1995, le CDC a engagé un expert en analyse informatique, le Dr Gary Goldman, pour réaliser la plus grande étude qu'il ait jamais financée sur le vaccin contre la varicelle. Les résultats de Goldman sur une population isolée de 300.000 habitants d'Antelope Valley, en Californie, ont montré que le vaccin avait perdu de son efficacité, entraînant de graves flambées de varicelle chez les adultes et un taux de zona 3 fois plus élevé chez les enfants de 10 ans ayant reçu le vaccin que chez les enfants non vaccinés. Le zona présente un taux de mortalité 20 fois supérieur à celui de la varicelle et provoque la cécité. Le CDC a ordonné à Goldman de taire ses conclusions et lui a interdit de publier ses données. En 2002, Goldman a démissionné en guise de protestation. Il a envoyé une lettre à ses supérieurs expliquant qu'il se retirait parce qu'il « refusait de participer à une fraude dans le domaine de la recherche ».

L'histoire médicale récente regorge d'autres exemples de la suppression brutale de toute science qui exposerait les risques inhérents aux vaccins. Parmi les victimes, on compte des médecins et des scientifiques brillants et pleins de bienveillance tels que le Dr Waney Squier, le gastro-entérologue britannique Andy Wakefield, l'équipe de recherche père/fils David et Dr Mark Geier, la biochimiste italienne Antionetta Gatti et l'épidémiologiste danois Peter Goetzsche. Toute société juste aurait érigé des statues à l'effigie de ces visionnaires, les aurait couronnés de lauriers et leur aurait confié des responsabilités. Or, nos représentants médicaux corrompus les ont systématiquement déshonorés et muselés.

En Angleterre, une neuropathologiste, le Dr Waney Squier de l'hôpital Radcliffe à Oxford, a témoigné dans une série d'affaires en faveur de prévenus accusés d'avoir infligé le syndrome du bébé secoué. Squier pensait que, dans ces cas, les lésions cérébrales des nourrissons avaient été causées par des vaccins et non par un traumatisme physique.

En mars 2016, le Service du tribunal des médecins (Medical Practitioner's Medical Service – désormais cité MPTS) l'a accusée de falsification de preuves et de mensonge et l'a radiée du registre médical. Squier a fait appel de la décision du tribunal en novembre 2016. La Haute Cour d'Angleterre a annulé la décision du MPTS, en concluant: « La décision du MPTS est à bien des égards erronée. »

Le professeur Peter Gøtzsche a cofondé la Cochrane Collaboration en 1993 pour remédier à l'écrasante corruption des publications scientifiques et des chercheurs par les sociétés pharmaceutiques. Plus de 30.000 des plus grands scientifiques du monde ont rejoint Cochrane en tant qu'examinateurs bénévoles, espérant ainsi restaurer l'indépendance et l'intégrité de la science publiée. Gøtzsche a fait de Cochrane le premier institut de recherche indépendant au monde. Il a également fondé le Nordic Cochrane Center en 2003. Le 29 octobre 2018, les intérêts pharmaceutiques, dirigés par Bill Gates, ont finalement réussi à évincer le professeur Gøtzsche. Une superpuissance contrôlée par Gates a renvoyé Gøtzsche de la Cochrane Collaboration après qu'il eut publié une critique bien fondée du vaccin contre le VPH3. En 2018, le gouvernement danois, sous la pression de l'industrie pharmaceutique, a licencié Peter Gøtzsche du Rigshospitalet de Copenhague. Ses découvertes sur le vaccin contre le VPH mettaient en péril les revenus de l'industrie pharmaceutique.

La science, dans sa quintessence, est une quête de la vérité existentielle. Il arrive cependant que cette vérité puisse menacer de puissants intérêts économiques. La science et la démocratie reposent toutes deux sur la libre circulation d'informations exactes. Les sociétés cupides et les organes de réglementation gouvernementaux sous influence se sont toujours montrés prompts à tordre, déformer, falsifier et corrompre la science, ainsi qu'à dissimuler des informations et censurer le débat public pour protéger le pouvoir privé et les bénéfices des entreprises. La censure est l'ennemi mortel de la démocratie et de la santé publique. Le Dr Frank Ruscetti cite souvent Valery Legasov, le courageux physicien russe qui a bravé la censure, la torture et les menaces de mort du KGB pour révéler au monde la véritable cause de la catastrophe de Tchernobyl. « Être un scientifique, c'est être naïf. Nous sommes tellement concentrés sur notre recherche de la vérité que nous ne réalisons pas que rares sont ceux qui veulent vraiment la trouver. Mais elle est toujours là, que nous la voyions ou non, que nous le voulions ou non. La vérité se moque de nos besoins ou de nos désirs. Elle ne se soucie pas de nos gouvernements, de nos idéologies, de nos religions. Elle attend éternellement son heure. »

Le témoignage de Judy Mikovits et de Kent Heckenlively est d'une importance capitale pour la santé de nos enfants et la survie de notre démocratie. Mon père croyait que le courage moral était la forme de bravoure la plus rare. Plus rare encore que le courage physique des soldats au combat ou une grande intelligence. Il la considérait comme la seule qualité vitale nécessaire pour sauver le monde.

Si nous voulons continuer à jouir de la démocratie et protéger nos enfants contre les forces qui cherchent à marchandiser l'humanité, il nous faut des scientifiques courageux, comme Judy Mikovits, prêts à faire entendre la vérité au pouvoir, même au prix de terribles sacrifices personnels.

Robert F. Kennedy, Jr. pour le livre de Judy Mikovits



LA TABLE DES MATIERES :


7 Préface

23 Introduction 39 (1) Une scientifique à la mer

62 (2) Une rebelle depuis toujours

77 (3) Morts suspectes de médecins

101 (4) Le destin de ceux qui luttent contre les ténèbres

122 (5) Le gouvernement est-il un ami ou un ennemi?

133 (6) Le blood working group et le gâchis de Cérus

157 (7) VP62 le clone assassin

174 (8) Mon identité usurpée au Tribunal du Vaccin

210 (9) Ce que je pense vraiment du VIH et d'Ebola

235 (10) Mon co-auteur interdit d'entrer en Australie

255 (11) La marche à suivre

286 (12) Une dernière histoire qui mérite d'être racontée