Therese neumann - l'extraordinaire mystique de konnersreuth

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Helmut FAHSEL

Thérèse Neumann

ou l'extraordinaire mystique de Konnersreuth

Traduit de l'Allemand par F. Giot et F. Dorola


Thérèse Neumann a été le seul cas moderne qui a dépassé, en termes de surnaturel et de miracles, le Padre Pio !

Le régime d'Adolphe Hitler, qu'elle avait embarrassé dès 1933 avec ses prédictions sur les "graves péchés à venir de l'Allemagne ", avait tout tenté pour prouver que Thérèse Neumann n'était qu'une pure fraude, y compris en l'enfermant pendant 15 jours, sans la nourrir, sous la surveillance mili­taire des médecins nazis.

En effet, non seulement Thérèse Neumann avait cessé de s'alimenter dès 1923 (et cela jusqu'à sa mort en 1962), mais en plus elle revivait la Passion du Christ chaque vendredi, discutait en permanence avec son ange gardien (qu'elle voyait !) et parlait en araméen alors qu'elle n'avait pas dépassé le cours élémentaire !

Ce livre de Helmut Fahsel qui a pu la rencontrer à maintes reprises, nous apprend beaucoup sur les effets de la prière, et nous montre que c'est sur­tout dans les moments les plus difficiles qu'elle devient la plus efficace.

Avec une crise financière semblable à celle de son époque, c'est le moment ou jamais de redécouvrir le secret de la plus grande mystique européenne du XXe siècle : la prière.

« La Terre produit suffisamment pour la nourriture de tous les hommes.

Mais, comme ils ne sou­pirent qu'après les biens d'ici-bas, il en résulte l'oppression des uns par les autres; ils attirent ainsi le fléau d'une misère ex­trême.

En revanche, pour immense que soit cette misère, il est toujours au pouvoir du Seigneur d'y remédier, car Il est Tout-Puissant.

Il a créé le monde et soutient la Terre et les étoiles.

Pourquoi ne pourrait-Il pas aider l'homme ? Cependant, Dieu désire que les hommes l'aiment et l'invoquent, s'ils veulent vraiment être aidés.

Les hommes ne pensent pas assez à la puis­sance de Dieu et comptent beaucoup trop sur leurs propres for­ces »

 

 

 

Thérèse Neumann

 

14 Jours sans manger

 

sous contrôle médical

« Thérèse Neumann a été enfermée dans une chambre d'hôpital du 14 au 28 juillet 1927, entou­rée de médecins et d'infirmiers, sous surveillance perma­nente 24h sur 24, avec des relais.

À son admission elle pesait 55 kilos.

À sa sortie, elle pesait... 55 kilos, sans aucune autre boisson ni nourriture que trois hosties de taille normale pe­sant chacune 13 grammes, accompagnées de 3 cm3 d'eau qui lui permettaient de les avaler.

L'extrait du rapport final éta­bli par les médecins Otto Seidl et Ewald von Erlangen du sa­natorium de Waldassen ne laisse planer aucun doute :

 

« NOURRITURE : La nourriture a fait l'objet de la plus grande et de la plus assidue des surveillances pendant toute la période d'observation. Toutes les ins­tructions, pour le nettoyage, pour rincer sa bouche, etc. ont été strictement respectées. En dépit de cette sur­veillance assidue, il n'a jamais été noté que Thérèse Neumann, qui n'a jamais été seule une seconde, ait mangé quoi que ce soit ou même qu'elle ait tenté de manger quoi que ce soit. Son lit était sous surveillance permanente et refait chaque jour par l'une des quatre infirmières sous serment. Ni moi, ni l'une des infirmiè­res ne pouvons admettre une faille dans notre sur­veillance sur la nourriture. Pendant la durée de l'obser­vation, voici les éléments suivants qui sont entrés dans le corps de Thérèse :

a ) A sa communion quotidienne, on lui don­nait un petit bout d'hostie, à peu près un huitième d'une hostie normale. Même si on les additionne, on ob­tient pour la période du 14 au 28 juillet, trois hosties en­tières consommées, soit un poids total de 39 grammes.

b ) Dans le but de l'aider à avaler ces hosties, nous lui donnions régulièrement un peu d'eau, environ 3 cm3; le volume total d'eau qu'elle a eu du 14 juillet au matin au 28 juillet matin est de 15x3cm3, un total d'environ 45cm3, soit le contenu de trois petites cuillè­res à café.

c ) Conformément aux instructions données, lorsque Thérèse voulait se rincer la bouche, l'infirmière lui donnait un volume précis d'eau qu'elle devait recra­cher dans un récipient pesé à son tour. Le volume de l'eau avant et après n'a varié qu'à deux occasions : le 16 juillet nous avons constaté un déficit de 5 cm3. L'anno­tation de l'infirmière précisait qu'en recrachant, des gouttes ont atterri sur le sol. Le 17 juillet au soir, il y eut un autre déficit de 5 cm3. Sur les autres jours, aucun déficit n'a été constaté.

POIDS : Afin d'éviter toute possibilité d'erreur, le poids de Thérèse a toujours été pris avec les mêmes vê­tements, mais sans chaussures.

Le mercredi 13 juillet, elle pesait 55 kg, et le samedi 16 juillet, son poids descen­dit à 51 kg; la pesée du 20 juillet donnait 54 kg.

Le same­di 23 juillet, elle était à 52,5 kg; le jeudi 25, 55 kg. Le poids de sortie était le même que le poids d'entrée.

C'est l'élément le plus surprenant de toute l'observation.

La première perte de 4 kilos et la seconde de 1,5 kg s'expli­quent par les activités de la veille ( vendredi ) : élimina­tion d'urine, de sang, de vomi, l'extraordinaire intensi­té du métabolisme pendant les états d'extase, et la trans­piration considérable qui ont suivi les extases. Le fait, cependant, que Thérèse ait récupéré 3 kg dans le premier cas et 2,5 kg dans le second sans aucun liquide ou nour­riture ne peut être expliqué par aucune de nos lois psy­chologiques ou naturelles. Nous savons cependant que les gens dont le niveau d'albumine baisse n'ont plus soif – des observations sur des cas cliniques m'ont été trans­mis . Cela aurait demandé une baisse d'albumine consi­dérable, ce qui n'était absolument pas le cas chez Thé­rèse Neumann ».

( Extrait du chapitre Thérèse Neumann et son Ange gardien, dans Enquête sur l'Existence des Anges Gardiens, 600 pages, Pierre Jovanovic, Ed. Jardin des Livres, 2006 )

 

Avant-Propos

Depuis que l'affaire de Konnersreuth jouit d'une réputation mondiale, d'aucuns désirent savoir ce que la vie de Thérèse Neumann a présenté d'extraordinaire jusqu'ici, ce qu'elle est à présent et en fin de compte, quel est le sens de tout cet ensemble de phénomènes.

 

Mes conférences sur Konnersreuth durant l'hiver 1930-31 se proposaient de répondre à ces questions. Le présent ouvrage englobe, outre la matière de ces conférences, des éléments récents recueillis sur place concernant ce cas mystique. N'étant pas une biographie, il se borne à établir l'existence des phénomènes et à mettre ceux-ci en relation avec l'essence de la mystique chrétienne.

De ce fait, il sera seulement passé en revue les grâces que Thérèse Neumann a reçues de Dieu. De ces grâces elle n'est pas responsable. En conséquence, ces pages ne célébreront pas un personnage encore vivant, mais bien plutôt le Dispensateur de ces grâces de telle sorte qu'il n'est préjugé en rien du verdict définitif de l'Église relativement à la personne et à la vie de Thérèse Neumann.

 

Tout ce qui est incertain, de seconde main, a été soigneusement écarté. Il ne se trouve, par conséquent, à la base de tous les faits . rapportes, que mon expérience et mes relations propres avec l'héroïne mystique, ce qui en pareille occurrence est absolument indispensable.

Il a fallu recourir par-ci, par-là, dans l'exposé, à une note plus personnelle, en particulier au début, afin 'de faire comprendre la genèse de mes souvenirs vécus sur Konnersreuth.

Ces souvenirs m'incitèrent à en parler d'abord en petit comité. Après de nouvelles visites à Konnersreuth, je les pris comme thèmes de mes conférences publiques, ce qui éveilla en maints auditeurs: le désir de voir fixé et développé par écrit ce qu'ils avaient entendu.

 

Helmut Fahsel

~ 1 ~

1 ~ Première rencontre avec la mystique

Ce furent des mystiques allemands qui, les premiers, m'initièrent à la doctrine du christianisme. Ainsi, restai-je attaché à celui-ci non seulement par l'entendement mais aussi par le cœur. C'étaient de ces écrivains classiques qui condensaient en enseignements leurs aventures mystiques personnelles afin de conduire leur prochain à cette mystique à laquelle, au fond, tout vrai chrétien est appelé. C'étaient les écrits d'un Eckehart, d'un Tauler, d'un Suso, d'un Ruysbroeck, d'un Thomas a Kempis. Ces œuvres éveillèrent en moi un penchant à la vie contemplative. Nous étions en 1911.

Quelques années plus tard, j'appris à connaître la mystique par une autre face. Je lus des biographies détaillées de Saints1. Par l'intermédiaire de ceux-ci, je connus les phénomènes mystiques d'extériorisation. Je poursuivis alors mes recherches pour découvrir l'enchaînement et le sens de ces phénomènes qui me paraissaient dès l'abord comporter des concordances et des lois. De plus en plus, j'éprouvai le besoin d'une histoire de la mystique chrétienne qui se fondât sur l'étude des sources des vies de Saints de tous les temps et de tous les pays.

 

Cette recherche me mena quelques années plus tard à un troisième domaine littéraire de la mystique chrétienne, à ce qu'on appelle la « Théologia mystica ».

 

La « Théologia mystica » est une discipline particulière de la science théologique. Elle se propose d'établir des lois et des définitions en partant de l'étude des sources des Acta Sanctorum2 afin de pouvoir distinguer d'une fausse mystique, les formes d'expression, vie intérieure et phénomènes extérieurs, des mystiques chrétiens. C'est pourquoi cette partie de la théologie est aussi dénommée l'art du discernement des esprits3. La recherche et l'étude de ces manuels de la mystique dura quinze ans. Au fil du temps j'appris ainsi à connaître les meilleurs ouvrages

Dès lors je possédai deux grandes preuves de la véracité de la religion chrétienne. D'une part, les Saints Docteurs de l'Église, Thomas d'Aquin en particulier, me firent saisir la logique interne des mystères chrétiens de la foi en m'armant de preuves essentielles pour repousser toute attaque contre le christianisme. D'autre part, la concordance existant entre les phénomènes et la parole des Saints de toute époque et de tous pays me démontra l'unité effective et la sainteté de l'Église, c'est-à-dire la véracité du christianisme.

Durant mon séjour au séminaire de Breslau en 1919-1920, j'abordai à nouveau la mystique, mû par le désir, non plus simplement d'une orientation théorique, mais encore d'une éducation pratique de l'âme. Je m'occupai tout d'abord de cette branche de sa littérature qui se propose de conduire l'âme de la contemplation à l'oraison mystique. Par ailleurs je lus la vie et les œuvres de la stigmatisée Gemma Galgani4, décédée en 1903. J'aspirai à devenir, dans mon sacerdoce futur, le directeur d'âmes appelées par Dieu à la contemplation.

Au début de mon activité sacerdotale, je fus accaparé par les nombreuses tâches toutes nouvelles qu'impose le soin d'une paroisse de grande ville. En 1925 seulement ma conférence sur Sainte Jeanne d'Arc me fut un prétexte à me remettre en plein contact avec la mystique. Je comparai les actes biographiques de Jeanne d'Orléans5 avec les récits de la vie d'autres Saints. Maintes pensées spéculatives me vinrent concernant les rapports profonds et les lois des phénomènes de la mystique. Cependant l'étude de la mystique me convainquit de ce qu'en fin de compte, il était indispensable de connaître personnellement un sujet mystique pour rectifier encore son jugement par une fréquentation confiante et prolongée.

 

2 ~ Ma première expérience de Konnersreuth

 

Lorsqu'en 1927, j'entendis autour de moi, parler du cas de Konnersreuth, la stigmatisation de Thérèse Neumann n'était pas pour m'étonner. Catherine Emmerich, Maria de Moerl, Dominica Lazzari, Josepha Kumi, Louise Lateau et Gemma Galgani m'étaient connues par des lectures approfondies. Malgré cela, il ne me vint pas à l'idée d'aller à Konnersreuth.

J'avais entendu parler des foules de visiteurs et je craignais que ma première rencontre avec une mystique ne risquât d'être gâtée par quelque circonstance extérieure. Je n'avais cependant nullement conscience d'une appréhension quelconque d'être inférieur à la situation.

Cependant, je ne veux pas nier que malgré tout, une crainte inconsciente de cette nature ait pu renforcer ma résistance.

Peu avant Pâques 1929, j'avais terminé mes conférences de la saison d'hiver. Je me retirai dans ma bibliothèque pour modifier le classement de celle-ci : ce fut là que je reçus la visite d'un jeune prêtre avec qui j'avais fait mes études.

Il m'exhorta avec tout son talent de persuasion à me rendre sur-le-champ à Konnersreuth pour assister à la plus prochaine vision du Vendredi-Saint. Comme argument on m'avançait que ce serait peut-être les dernières visions douloureuses de Thérèse Neumann. D'abord je refusai tout net, afin de ne pas être arraché à mes chères occupations de bibliophile. Cependant, brusquement, comme sous l'effet d'une inspiration étrangère, je cédai et le soir même pris le rapide de Ratisbonne.

À Konnersreuth, je me réjouis de ce que le curé de l'endroit voulut bien m'accorder un long entretien  rappelant mes précédentes lectures. Il me fut refusé de voir Thérèse Neumann sous prétexte qu'elle n'était pas en état de recevoir des visites avant le Vendredi-Saint, par suite de ses souffrances.

Le Jeudi-Saint se passa en conversations avec des prêtres qui attendaient les visions du lendemain. Je fus surpris non moins qu'heureux de rencontrer parmi eux tant d'esprits ouverts. J'eus l'impression qu'il régnait à Konnersreuth une atmosphère spirituelle propre incitant les cœurs aux contemplations suprêmes.

Le Vendredi-Saint, je pénétrai avec plusieurs autres visiteurs dans la chambre de Thérèse Neumann. La jeune fille se trouvait au lit, dans cette position semi-dressée qu'elle prend généralement durant ses visions. Elle ne me parut pas, de prime abord, ressembler par son extérieur à un être humain ordinaire. Ses mouvements et ses attitudes ne semblaient guère fondés sur l'activité de ses muscles propres. Ses membres se levaient mus comme par une force inconnue. Le sang, épanché des yeux sur les joues et jusqu'au menton, semblait simplement posé sur la pâleur du visage. Celui-ci ne ressemblait à nul autre et portait dans sa maigreur livide une expression virile. La mobilité des muscles du front favorisait une mimique particulièrement expressive. Les sentiments de douleur, de compassion, d'affliction et d'indignation apparaissaient tour à tour sur la face lentement dirigée à droite et à gauche.

Les yeux sanglants étaient grands ouverts et suivaient avec résignation et anxiété les scènes de la Passion entrevue.

Sa poitrine était immobile. Elle semblait ne pas respirer. Un silence de mort, simplement interrompu par le gazouillis d'un oiseau, régnait dans la pièce.

Le curé m'avait permis de rester dans la chambre plus longtemps que les autres visiteurs.

Je me tenais près du mur, à deux mètres du pied du lit. Je m'étais promis, non pas de prier mais d'observer attentivement. C'est ce que je fis, tout en inspectant aussi la chambre.

Après une vingtaine de minutes une sensation de froid me glaça le visage. Aux articulations, je ressentis des élancements singuliers. Les jointures de mes doigts semblaient s'écarteler et les articulations des genoux se distendre. Il s'y ajouta un léger picotement des joues. J'eus l'impression que j'allais m'évanouir et tentai de réagir.

Je pensai que l'atmosphère pouvait en être la cause, ou quelque odeur de sang. Je demandai à deux personnes qui se tenaient à mes côtés si elles ressentaient ces symptômes. Elles répondirent par la négative. J'inspirai profondément, lorsqu'à mon grand émoi, je me rendis compte que de plus mon regard se voilait.

Par peur de tomber et ainsi de provoquer un incident, je quittai la chambre.

 

Je partis le soir même

Le dimanche suivant, j'avais, en effet, mon devoir sacerdotal à remplir dans ma paroisse. Rentré à Berlin, tout l'intérêt que je portais à ma bibliothèque avait disparu. Apathique à l'égard de tout ce qui était profane, je restais assis toute la journée du samedi à ma table de travail. Konnersreuth et sa stigmatisée m'étaient beaucoup moins présents à l'idée que toujours et toujours le nom de Jésus.

Le soir du Lundi de Pâques, je tins une conférence au cours d'une grande fête. À peine couché, je ressentis de nouveau brusquement une traction dans les membres. Mon visage se glaça. Je commençai à claquer des dents tout en éprouvant un sentiment d'indignité comme de ma vie je n'en avais jamais encore ressenti. Durant deux ou trois minutes je fus comme en proie à une fièvre intense.

Ensuite, je recouvrai mon calme. Une stupeur me saisit. Je ne parvenais décidément à m'expliquer pareille aventure, ni par ma nature propre, ni par des circonstances extérieures. Le passage ci-après de l'autobiographie de la bienheureuse Angèle de Foligno me revint à l'esprit :

 

« Le feu de l'amour divin crût peu à peu si fortement en moi que par la suite, lorsque j'entendais parler de Dieu, mes dents s'entre-choquaient sous l'excès des sensations. Et si quelqu'un s'était trouvé à côté de moi avec une hache pour s'opposer à cette emprise, je n'aurais pu me retenir, eussé-je dû être tuée. »6

Un an plus tard, le curé de Konnersreuth me raconta le fait suivant : une jeune convertie, s'étant faufilée inaperçue dans la chambre où Thérèse Neumann avait sa vision du vendredi, s'écroula évanouie après quelques minutes. Les parents accoururent et la transportèrent dans la cuisine. Lorsque Thérèse Neumann sortit de l'extase, elle se fit amener peu après la visiteuse et lui dit : « N'aie aucune crainte, le Seigneur ne te rappellera pas à Lui de si tôt. »

Le mercredi 24 juin 1931, j'eus l'occasion de questionner sur mon propre cas Thérèse Neumann, dans l'un de ses états extatiques7. Il me fut répondu : « Ce fut une grande grâce. » De fait, je ne me souviens pas d'avoir jamais ressenti de ma vie pareil ébranlement. Même pas lors de la crise nerveuse que j'eus, en novembre 1914, au cours d'une reconnaissance commandée du vaste champ de cadavres immédiatement après la bataille de Gheluve sous Ypres alors que j'éclatai en larmes.

Par ailleurs, visitant une salle d'autopsie de la Faculté de médecine de Berlin, j'étais resté en ce temps d'un calme parfait.

L'impression de ma première visite à Konnersreuth disparut presque complètement quelques semaines plus tard.

D'autres travaux me valurent une diversion. Ce ne fut qu'au cours de mes conférences de l'hiver de 1929-1930 que je pris la ferme résolution de visiter Konnersreuth une seconde fois vers le temps pascal suivant.

 

3 ~ Je fais la connaissance de Thérèse Neumann

Le samedi précédant la Semaine Sainte de 1930, je débarquai à Konnersreuth. Le même jour, je fis part au curé de l'endroit de mon intention d'y séjourner une quinzaine. J'avais apporté tous les documents nécessaires à un travail de traduction, ne voulant m'imposer en aucune façon pour attendre patiemment qu'on m'appelât.

Le dimanche matin, le curé me pria de donner l'après-midi une conférence au cercle des jeunes gens. En même temps il m'annonça que je pourrais saluer Thérèse Neumann, le soir même.

J'appris alors à connaître la stigmatisée pour la première fois dans son état normal.

De son lit elle me souhaita cordialement la bienvenue. Je ne la reconnus pas du tout. Le visage et l'allure étaient frais et dispos. Nous parlâmes d'abord de ses oiseaux, ensuite de sujets religieux. Déjà alors j'eus l'impression, qui ne me quitta jamais plus, qu'il s'agissait ici d'un sujet sain qui alliait une sincérité et une candeur rares à la perspicacité de l'intelligence et à l'énergie de l'esprit.

Dans toutes ses conversations régnait un singulier mélange d'humour savoureux et de gravité naïve.

Les choses profanes étaient traitées avec bonne humeur  avec un plaisir visible, tantôt avec un sérieux prenant.

Je me trouvai plus d'une fois intimidé vis-à-vis d'elle, d'une timidité que je ne puis m'expliquer que par sa supériorité. Cette supériorité me parut se fonder sur le fait que son psychisme était plus cohérent, plus net et plus raffiné que le mien, que dis-je, plus que celui de tous les humains que j'aie connus à ce jour.

Sa maîtrise de soi semble moins imputable à une disposition naturelle ou à l'ascèse personnelle que bien plutôt à l'action d'un esprit supérieur dont Thérèse Neumann est visiblement l'instrument parfait et soumis.

Je passai six soirées consécutives, plusieurs heures chaque fois, chez elle, dans l'intimité la plus étroite avec ses parents et ses amis. Je fus en même temps témoin de nombreuses visions. J'étais ravi d'avoir pu me lier aussi rapidement. Je restai quinze jours sur place. Je me retrouvai encore à Konnersreuth autour de la Pentecôte et de Noël. J'attachai un grand prix à l'observation de la mystique et de ses visions à l'époque des trois fêtes capitales de l'Église. Maintes visites ont succédé par la suite  parler avec une certaine compétence de l'affaire de Konnersreuth, par expérience personnelle.

Mes souvenirs furent complétés par des visites aux personnes qui rassemblaient également des matériaux concernant Thérèse Neumann sur la base d'expériences du même ordre.

De la sorte, j'ai fait la connaissance non seulement d'intelligences averties, mais aussi de caractères probes et charitables.

~ 2 ~

1 ~ Début des états mystiques

 

Quand ont commencé les états mystiques de Thérèse Neumann ? Quelque circonstance extérieure peut-elle être considérée comme leur cause ou leur prétexte ?

Il n'est nullement établi que la maladie de 1918 à 1926 ait été la cause, le prétexte ou l'origine de sa vie mystique.

Des phénomènes mystiques exceptionnels se sont manifestés, il est vrai, après la guérison subite de l'année 1926, la stigmatisation, par exemple, et en corrélation avec celle-ci, l'absence complète de nourriture. Absolument rien ne prouve cependant que la grâce de la contemplation extraordinaire et les relations mystiques avec les sacrements qu'elle possède aujourd'hui ne remontent qu'au début de cette maladie.

Je demandai un jour à Thérèse si elle avait reçu du Seigneur des grâces particulières avant cette maladie.

Elle répondit : « Depuis toujours j'ai bien aimé le Seigneur. »8 Elle se tut quant aux détails. J'avais cependant l'impression bien nette que le secret de son mutisme devait être recherché, soit dans son humilité, soit dans quelque subordination à ses voix secrètes9.

J'appris qu'elle était jadis non seulement des plus attentives au cours de religion et aux instructions des jours de fête, mais aussi qu'une fois rentrée elle mettait en œuvre par écrit ce qu'elle venait d'entendre.

Malheureusement, les cahiers et leur contenu furent brûlés par mégarde, en 1925, lors de travaux effectués à la maison paternelle.

Dès sa plus tendre enfance, elle voulait devenir sœur missionnaire, afin « d'aller chez les nègres », comme elle disait. C'est pourquoi, en prélevant peu à peu sur son salaire alors que plus tard elle se trouvait en service, elle amassait la dot qu'il lui fallait apporter au couvent.

J'ai remarqué par maintes biographies de vrais mystiques qu'il est presque constant de voir apparaître dès la plus tendre enfance des grâce extraordinaires chez les sujets qui plus tard développeront sans arrêt des phénomènes mystiques surprenants.

S'agit-il chez eux de maladies, elles ne se révèlent pas comme une origine, mais bien plutôt comme une étape transitoire destinée à préparer le mystique à recevoir des grâces plus hautes par la réforme de l'âme et du corps. De même, il est frappant qu'à chaque fois l'entourage du mystique n'a jamais rien su des premières grâces mystiques de la jeunesse de celui-ci, de son vivant. Ce n'est que sur la fin de l'existence ou après la mort du mystique considéré que ces particularités ont été connues. Il semble que ce soit là le fait d'une volonté supérieure et j'ai la conviction qu'il en est de même dans le cas de Thérèse Neumann. Plus tard seulement, les prémices de sa vie mystique pénétreront dans le public.

Thérèse est née en 1898 et a encore cinq sœurs et quatre frères en vie. Elle fut de tout temps une enfant saine et naturelle, sans le moindre indice d'hypersensibilité ou de bigoterie. Sa soif de vérité a toujours été si grande qu'elle se refusait à jouer à la poupée, à écouter des contes dès qu'elle s'apercevait que tout cela ne répondait pas complètement à la réalité. La pauvreté régnait au logis et les enfants durent tôt aider au travail. Thérèse préférait toujours les tâches masculines, en particulier les travaux des champs.

Son occupation préférée dans ses instants de loisir était de soigner les plantes.

Ses lectures religieuses étaient le petit catéchisme, son livre de prières et les publications populaires Nolburga10, Rosenhain11, la Postille de Goffiné12 et la Philotée13 de François de Sales.

En fait de livres profanes, elle ne connaissait que ses livres d'école et deux manuels d'horticulture.

En 1912, elle était en service chez un habitant du village qui tenait un café et une exploitation agricole. Plus tard, la majorité des hommes étant au front, elle accomplissait les plus rudes travaux des champs. Elle labourait et ensemençait à la machine, s'occupait aux chargements et ensuite garda les bœufs. Elle avait la réputation d'être la plus vigoureuse fille de la localité, étant capable de porter 75 kilogrammes du rez-de-chaussée au grenier sans poser son fardeau. Elle possède encore aujourd'hui sa forte stature et ses larges épaules. Elle n'a jamais dansé. Par contre, elle dut assurer fort souvent le service de la salle de danse. Elle n'était pas bégueule et se mêlait volontiers à toute plaisanterie pas trop grossière. Les prétendants qui se trouvèrent n'eurent cependant jamais de chance auprès d'elle.

 

Ne voulait-elle pas, comme déjà dit, devenir sœur missionnaire ?

 

2 ~ Maladies et guérisons subites 14

L'histoire de ses maladies commence en 1918. Un incendie éclate au village. Thérèse Neumann aide à la chaîne. Alors qu'elle soulève des seaux d'eau, elle ressent soudain une douleur dans l'épine dorsale. Depuis ce jour elle ne peut plus travailler convenablement : à chaque effort et même rien qu'en se baissant, ses yeux s'enténèbrent et elle s'affaisse.

 

D'intolérables douleurs apparaissent.

Après divers accidents graves, elle entre à l'hôpital de Waldsassen15 en avril 1918. Elle souffre de l'estomac, des intestins, présente des symptômes de paralysie et des accès d'étouffements. Elle en sort non guérie en juin de la même année. En hiver, elle devient tout à fait impotente  1919, complètement aveugle. À la longue, sous l'effet de la position allongée, jointe à l'immobilité complète, apparaissent dans le dos de graves ulcères pénétrant jusqu'aux os.

 

 

 

En avril 1923, elle guérit subitement de la cécité. Un matin dans son sommeil, il lui sembla qu' « on touchait » son oreiller, « tout comme si on y grattait ». Elle en fut réveillée et aperçut ses mains ainsi que le chevet de son lit. Toute surprise et ne pouvant y croire, elle regarda tout autour de sa chambre. Effectivement, elle voyait.

Ce 29 avril 1923, jour de la guérison de la cécité, était celui de la béatification de Thérèse de l'Enfant-Jésus16.

Thérèse Neumann n'ignorait pas que cette béatification était en cours. C'est pourquoi elle avait voulu peu auparavant faire une neuvaine pour la recommander à Dieu, mais non pas pour guérir elle-même. De plus, elle avait souvent prié pour obtenir l'esprit de simplicité de la petite Thérèse de l'Enfant-Jésus. Avec une très forte conviction intime, elle attribua sa guérison à l'intercession de la petite Thérèse de l'Enfant-Jésus vénérée par elle.

Les années suivantes, ses souffrances physiques s'accroissent. Par suite d'une chute malheureuse hors de son lit, sa jambe gauche s'était de plus repliée de telle façon qu'elle se trouva placée en dessous de sa cuisse droite. Elle resta immobile dans cette position pendant 9 mois.

Le 17 mai 1925, elle fut brusquement guérie de sa luxation de l'épine dorsale, de même que des maladies et douleurs concomitantes. C'était la date de la canonisation de la même Thérèse de l'Enfant-Jésus. Ce jour-là, dans l'après-midi, elle aperçut soudain de son lit une vive lumière vers l'angle droit de sa chambre tout en entendant une voix. Vivement, elle frappa le plancher de sa canne pour appeler ses parents. Ceux-ci allèrent à leur tour quérir le curé et une sœur de charité qui se trouvait au village. Les quatre témoins déclarent ce qui suit :

 

« Nous vîmes la ''Resl'', assise sur son lit, dans une position qu'elle était incapable de prendre d'elle-même jusqu'ici. Elle semblait parler à quelqu'un sans que nous entendîmes quoi que ce fût. Soudain, elle étendit le bras droit et il sembla qu'une force s'emparait de sa main pour tirer d'une secousse la malade en avant. De douleur le visage de Resl se convulsa et elle porta ses mains aux reins. Quand elle revint à elle, elle nous cria : ''Donnez-moi mes vêtements, je suis guérie, je puis me lever.'' »

 

Elle se leva. La sœur infirmière vit à son grand étonnement que les ulcères du dos avaient tous disparu. Sa démarche d'abord hésitante se raffermit peu à peu. Sa maladie ne revint jamais. Elle-même rapporte ce qui suit sur l'apparition :

 

Une voix infiniment aimable sortant de cette lumière éblouissante questionna : « Resl, ne voudrais-tu pas guérir ? »

 

 

 

Elle répondit : « Tout m'est égal, la vie ou la mort, la santé ou la maladie  voudra, lui seul sait ce qui convient le mieux. »

La voix : « Serais-tu contente si aujourd'hui tu pouvais te lever, marcher et faire de nouveau tout toi-même ? »

Elle : « Tout m'est une joie de ce qui vient de Dieu. »

La voix : « Il t'est permis aujourd'hui d'éprouver une petite joie, tu peux te lever, essaye donc, je vais t'aider. »

La voix ajouta peu après : « Cependant, il te sera donné de souffrir encore beaucoup et longtemps, et aucun médecin ne pourra te soulager. Par la souffrance seule, tu pourras le mieux exercer ta vocation et ton esprit de sacrifice, et ainsi aider les prêtres. Il est sauvé infiniment plus d'âmes par la souffrance que par les plus brillants sermons. »

En novembre 1925, elle eut une très grave crise d'appendicite. Le médecin décida : « De toute urgence à l'hôpital pour l'opération. » Elle eut pitié de sa mère en larmes, aussi dans ses souffrances pria-t-elle : « Tu sais, petite Thérèse, que tu pourrais m'aider, tu m'as si souvent aidée  état est ma mère. » Soudain, elle se dressa, ouvrit les yeux, le visage comme transfiguré. Elle tendit les mains devant elle vers quelqu'un d'invisible et répéta à plusieurs reprises « Oui », puis se souleva complètement. Revenant à elle, elle fit : (suite dans le livre)

 

TABLE DES MATIÈRES

 

REPORTAGE DE 43......................................7

14 JOURS SANS MANGER.........................17

LA LETTRE DE THERESE...........................21

- "livre bien documenté et dans un style alerte coutumier aux ouvrages publiés par l'éditeur.La vie de Thérèse Neumann rejoint par ailleurs celle de Marthe Robin.Pour les croyants, sa vie prends une dimension exceptionnelle, et l'auteur nous retrace son chemin avec rigueur et émerveillement.
Un livre incontournable"

- "livre conforme à mes attentes et livré rapidement; à conseiller aux athées et aux matérialistes pour faire naître l'ombre d'un doute dans leur esprit scientifique;"