Mondes en collision

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Est-il exact que la Terre a été bouleversée par des cataclysmes sans précédent ? Comment explique-t-on la présence de mammouth en Sibérie alors que leur examen prouve qu'ils vivaient dans un climat tempéré ? Et pourquoi ont-ils tous été décimés d'un seul coup ? D'où viennent les palmiers retrouvés dans les pôles ? Pourquoi 2000 ans avant J-C, les astronomes ne dessinaient-ils jamais la planète Vénus? Comment expliquer le mythe grec de la « Naissance de Vénus » si merveilleusement illustré par Botticelli ? Pourquoi les romains disaient-ils qu'Athéna est née de Jupiter pour aller se battre avec Mars ? Pourquoi les océans se sont-ils massivement déplacés et les jungles transformées en désert ? Comment expliquer que le papyrus égyptien Ipuwer, en plus des textes aztèques, chinois et mayas, confirment ce que la Bible présente sous forme des dix plaies d'Egypte ? Pourquoi les scientifiques enregistrent-ils des inversions de polarité dans les rochers anciens ? Et pourquoi cet ouvrage est-il le plus combattu de tous les temps ? Cette édition 2003 contient la biographie de Velikovsky, l'histoire du livre, des documents, des listes, une liste de ses découvertes incroyables (confirmées depuis par les sondes spatiales), et bien-sûr le Mondes en collision lui-même, avec les sources sous forme de plus de 1000 notes bas de page.

 

Mondes

en

Collision

Traduction Stock intégralement revue et corrigée par Carole Hennebault d'après le texte original du Dr Immanuel Velikovsky

~ Vénus I~

La plus incroyable des histoires

La plus incroyable histoire de miracles est racontée à propos de Josué, fils de Noun, qui, poursuivant les rois de Canaan à Beth-Horon, supplia le Soleil et la Lune de s'immobiliser.

« Il dit, en présence des Israélites : "Soleil arrête-toi sur Gabaon, et toi, Lune, sur le val d'Ajalon". Et le Soleil s'arrêta et la Lune se tint immobile, jusqu'à ce que le peuple se fût vengé de ses ennemis. Cela est écrit dans le livre du Juste. Le Soleil s'arrêta au milieu du ciel et ne se hâta pas de se coucher pendant presque un jour entier1 » 

Cette histoire paraît incroyable, même aux personnes les plus pieuses ou les plus imaginatives. On pourrait admettre qu'une mer déchaînée ait anéanti une armée, et en ait épargné une autre  êtres humains  bloqué par l'effondrement d'une partie de sa rive  les murs de Jéricho aient été abattus, non par la clameur des trompettes, mais par un tremblement de terre.

Mais que le Soleil et la Lune aient interrompu leur course à travers le firmament, voilà qui est pur produit de la fantaisie, image poétique, métaphore2, monstrueuse invraisemblance, qui défie le sens commun3, invention méprisable qui peut-être même trahit une sorte d'irrespect à l'égard du Créateur.

Pour la science de notre temps, et non pour celle de l'époque où furent écrits le Livre de Josué et le Livre du Juste, pareil événement impliquerait que la Terre cessât, un certain temps, de tourner, sur sa route assignée. Une telle perturbation est-elle concevable ? On ne découvre pas le moindre indice de désordre dans les annales actuelles de la Terre. Chaque année comprend 365 jours 5 heures et 49 minutes.

L'abandon par la Terre de sa rotation régulière est impensable, sauf dans le cas très improbable où notre planète rencontrerait un autre corps céleste d'une masse suffisante pour interrompre la trajectoire éternelle de notre monde.

Il est bien vrai que des aérolithes ou météorites tombent continuellement sur notre Terre, quelquefois par milliers et dizaines de milliers. Mais on n'a jamais perçu le moindre désordre dans la rotation de la planète elle-même. Cette dernière remarque n'exclut pas la possibilité d'un heurt entre un corps plus grand ou plus petit - isolé ou en groupe - et la Terre. Le grand nombre d'astéroïdes qu'on distingue entre les orbites de Mars et de Jupiter suggère aussi qu'à une époque indéterminée une autre planète y était présente. Il est possible qu'une comète soit entrée en collision avec elle et l'ait fracassée. Maintenant ces météorites suivent approximativement la trajectoire que suivait la planète détruite dans sa révolution autour du Soleil. Il n'est guère probable qu'une comète puisse entrer en collision avec notre planète  mécanisme céleste fonctionne avec une précision presque absolue. Mais dans le ciel errent par milliers, par millions, des comètes qui ont perdu leurs trajectoires, et leur interférence peut perturber l'harmonie céleste. Quelques-unes de ces comètes appartiennent à notre système. Périodiquement elles reviennent, mais à des intervalles assez irréguliers, à cause de l'attraction des grandes planètes, au moment où elles s'en approchent trop. Mais d'autres comètes, innombrables, et décelables au seul télescope, arrivent à très grande vitesse des espaces incommensurables de l'Univers, et disparaissent, peut-être à jamais. Certaines comètes ne sont visibles que quelques heures, d'autres des jours, des semaines ou même des mois.

Se pourrait-il que la Terre, notre Terre, se rue, au risque d'une collision pleine de périls, vers une énorme masse de météorites, une traînée de pierres tournant à une vitesse vertigineuse à travers notre système solaire ?

Cette hypothèse a été analysée avec passion au cours du siècle dernier. Depuis l'époque où Aristote avait affirmé qu'un météorite avait été soulevé de terre par le vent, emporté dans les airs, et qu'il s'était abattu à Aegospotamos ( alors qu'une comète brillait dans le ciel ) , jusqu'en 1803 ( 26 avril ) , où de nombreux météorites tombèrent à L'Aigle en France et furent examinés par Biot, représentant l'Académie des Sciences, tout le monde scientifique, les Copernic, Galilée, Képler, Newton et Huygens, jugeait absolument impossible qu'un seul bloc pût s'abattre sur la Terre : tout cela malgré les nombreux cas de pierres tombées sous les yeux mêmes de la foule. Ainsi un météorite s'abattit en présence de l'empereur Maximilien et de sa cour à Ensisheim*, en Alsace, le 7 novembre 14924.

Juste avant 1803, l'Académie des Sciences de Paris refusait encore d'ajouter foi à un phénomène similaire. La chute de météorites, le 24 juillet 1790, dans le Sud-Ouest de la France, fut déclarée « un phénomène physique impossible »5 . Depuis 1803, cependant, les scientifiques admettent que des pierres tombent du ciel. Si une ou plusieurs pierres peuvent entrer en collision avec la Terre, une comète entière pourrait-elle faire de même ? On a calculé que cette possibilité existe, mais qu'elle est improbable6.



Si la tête d'une comète passait suffisamment près de notre trajectoire pour dévier la course de la Terre, un autre phénomène, outre la perturbation de la trajectoire terrestre, se produirait sans doute : une pluie très dense de météorites frapperait la Terre  l'atmosphère, frapperaient leur but en pleine violence.



Dans le Livre de Josué, deux versets avant le passage où il évoque l'arrêt du Soleil pendant plusieurs heures, nous trouvons ces mots : « comme ils [ les rois de Canaan ] fuyaient devant Israël, à la descente de Beth-Horon, le Seigneur lança sur eux du ciel une averse "de grosses pierres" jusqu'à Azéca  et ceux qui moururent sous cette averse de grêle [ pierres de barad ] furent plus nombreux que ceux que les Israélites firent périr par l'épée » ( Josué 10-11 ) .



L'auteur du Livre de Josué ignorait certainement la relation entre les deux phénomènes. On ne peut prétendre qu'il ait possédé la moindre connaissance de la nature des aérolithes, des forces d'attraction entre les corps célestes et autres lois semblables. Etant donné qu'il décrit ces phénomènes comme ayant eu lieu simultanément, il est improbable qu'ils aient été inventés.

Les météorites tombèrent sur la Terre en torrents. Ils durent tomber en très grand nombre, car ils frappèrent plus de guerriers que les épées des adversaires. Pour tuer des guerriers par centaines ou par milliers sur le champ de bataille, il fallut que s'abatte une vraie cataracte de pierres. Pareille averse de grosses pierres suggère qu'une traînée de météorites, ou une comète, venait de frapper notre planète.

La citation de la Bible tirée du Livre du Juste est laconique, et peut donner l'impression que le phénomène de l'immobilisation du Soleil et de la Lune fut local, visible seulement en Palestine, entre la vallée d'Ajalon et de Gadaon. Mais le caractère cosmique du prodige apparaît dans une prière d'action de grâces attribuée à Josué7 :





« Le Soleil et la Lune s'arrêtèrent dans les cieux

Et, dans Ta rage, Tu te dressas contre les oppresseurs  Tous les princes de la terre se soulevèrent.

Les rois des nations s'étaient tous rassemblés,

Et Tu les détruisis en Ton ire,

Et Tu les anéantis en Ta rage.

Les nations tremblaient de peur à cause de Ta fureur

Et les royaumes chancelaient sous Ton courroux.

Tu déversas sur eux Ta colère

Et Tu les terrifias par Ta rage...

Le Terre trembla, fut secouée du bruit de Tes tonnerres

Et Tu les poursuivis en Ton orage

Et Tu les consumas en Ton grand tourbillon...

Leurs carcasses gisaient comme des tas d'ordures 8 .



C'est une vaste étendue que balaya la colère de Dieu : la prière y insiste : « Tous les royaumes chancelèrent » .



Un torrent de grosses pierres qui s'abat du ciel, un tremblement de Terre, un tourbillon, une perturbation du mouvement de la Terre : ces quatre phénomènes vont de pair. Il semble qu'une volumineuse comète ait dû passer très près de notre planète et entraver brutalement son mouvement. Une partie des pierres dispersées dans la queue de la comète frappa la surface de notre Terre et la fit voler en éclats.

Sommes-nous fondés, sur la foi du Livre de Josué, à certifier qu'à une certaine date au milieu du deuxième millénaire avant notre ère, la rotation régulière de la Terre fut interrompue par une comète ? Pareille affirmation est chargée de tant d'implications qu'elle ne doit pas être faite à la légère. A ceci, je réponds que bien que les implications en soient extrêmement importantes et nombreuses, les recherches auxquelles je me suis livré, considérées dans leur ensemble, présentent un enchaînement de documents et d'autres témoignages qui concourent à étayer l'affirmation ci-dessus, et toutes les autres qu'on trouvera dans ce livre.

Le problème qui nous est posé est un problème de mécanique. Les points situés sur les couches extérieures du globe en rotation ( surtout à proximité de l'équateur ) se déplacent à une vitesse linéaire plus grande que ceux des couches intérieures, mais à la même vitesse angulaire. Par conséquent, si brusquement la Terre était arrêtée ( ou ralentie ) dans sa rotation, les couches intérieures pourraient s'immobiliser ( ou leur vitesse de rotation se trouver ralentie ) , tandis que les couches extérieures tendraient à poursuivre leur rotation. Cela provoquerait une friction entre les différentes couches liquides ou semi-fluides, donc de la chaleur. A la périphérie, les couches solides seraient disloquées, ce qui amènerait l'écroulement ou le surgissement de montagnes, sinon de continents.

Comme je le montrerai par la suite, des montagnes se sont effondrées, et d'autres ont surgi de terrains plats. La Terre avec ses océans et ses continents a subi un accroissement de chaleur. La mer a bouillonné en de nombreux endroits, et des rochers se sont liquéfiés  des volcans ont craché des flammes et des forêts ont été ravagées par le feu. Le brusque arrêt de la Terre, qui, à son équateur, tourne à un peu plus de 1600 km/h, n'impliquerait-il pas la destruction totale du monde ? Puisque le monde a survécu, il a dû y avoir quelque mécanisme pour amortir le ralentissement de la rotation terrestre ( s'il a vraiment eu lieu ), ou quelque autre exutoire à l'énergie cinétique, outre la formation de chaleur  se pourrait encore, si la rotation s'est poursuivie sans perturbation, que l'axe de la Terre eût été dévié par la présence d'un puissant champ magnétique, de sorte que le Soleil parut interrompre pendant des heures son mouvement diurne9. Ces problèmes ne seront pas perdus de vue, et seront abordés dans l'épilogue de ce livre.



~De l'autre côté de l'océan

Le Livre de Josué, compilation du Livre du Juste plus ancien replace les événements dans leur chronologie. « Josué... quitta Galgala et marcha toute la nuit » . A l'aube, il tomba à l'improviste sur ses ennemis devant Gabaon, et « les poursuivit vers la montée de Beth-Horon » . Comme ils s'enfuyaient, de grosses pierres furent lancées du ciel. Ce même jour ( « le jour où le Seigneur livra les Amorrhéens » ) , le Soleil s'immobilisa au-dessus de Gabaon, et la Lune au-dessus du val d'Ajalon. On a déjà fait observer que cette description des astres implique que le Soleil était celui du matin10.

Le Livre de Josué dit que les astres s'immobilisèrent au milieu du ciel. En tenant compte de la différence des longitudes, l'événement dut se produire dans l'hémisphère occidental de bonne heure le matin, ou alors qu'il faisait encore nuit.

Consultons les livres où sont consignées les traditions historiques des aborigènes de l'Amérique Centrale : les marins de Colomb et de Cortès, lorsqu'ils arrivèrent en Amérique, trouvèrent des peuples cultivés qui avaient une littérature originale. La plupart de ces livres furent brûlés au XVIe siècle par les moines dominicains. Un nombre infime des anciens manuscrits échappèrent à la destruction  sont conservés dans les bibliothèques de Paris, du Vatican, du Prado et de Dresde. Ils sont appelés Codex et leur texte a été étudié et partiellement déchiffré. Cependant, parmi les Indiens de l'époque de la conquête et du siècle suivant, se trouvaient des lettrés qui savaient interpréter l'écriture pictographique de leurs ancêtres11.

Dans les annales de Cuauhtitlan12 ( histoire des Empires de Culhuacan et du Mexique, écrite en langue nahuatl au XVIe siècle ) , il est relaté qu'au cours d'un cataclysme cosmique qui se produisit dans un passé reculé, la nuit se prolongea très longtemps.

Le récit de la Bible décrit comment le Soleil resta dans le ciel un jour supplémentaire ( « environ tout un jour » ) . Les Midrashim, recueil des anciennes traditions non incorporées aux Ecritures, rapportent que le Soleil et la Lune s'immobilisèrent pendant 36 itim, c'est-à-dire 18 heures13; par conséquent, du lever au coucher du Soleil, le jour dura environ trente heures.

Dans les annales mexicaines, il est déclaré que le monde fut privé de lumière et que le Soleil n'apparut pas durant une nuit quadruple de la nuit normale. Pendant cette journée ou cette nuit d'une exceptionnelle durée, le temps ne pouvait être mesuré par les moyens habituels à la disposition des anciens14.



Sahagun, le savant espagnol qui vint en Amérique une génération après Colomb et qui recueillit les traditions des aborigènes, a écrit qu'au cours d'un cataclysme cosmique, le Soleil se leva à peine au-dessus de l'horizon, et s'y arrêta. La Lune aussi s'immobilisa15.



Q uand l'Amérique du Sud fut découverte, la Bible y était inconnue de ses habitants et la tradition recueillie par Sahagun n'offre aucun indice qu'elle ait été introduite par les missionnaires : dans sa version rien ne suggère Josué, ni sa guerre contre les rois de Canaan. Et la position du Soleil, immobilisé juste au-dessus de l'horizon à l'Est, diffère du texte biblique, sans pourtant le contredire.



Nous pourrions poursuivre notre enquête autour de la Terre et étudier les différentes traditions qui font mention de la prolongation du jour ou de la nuit, ou de la disparition du Soleil et de la Lune, attardés en différents points du Zodiaque, tandis que la Terre subissait un bombardement de pierres dans un monde embrasé. Mais il nous faut remettre à plus tard ce voyage. Il y eut plus d'un cataclysme aux temps où, selon le souvenir des hommes, la Terre se refusa à jouer son rôle de chronomètre en ne tournant plus régulièrement sur son axe. Il nous faut d'abord traiter des cataclysmes cosmiques isolés qui se produisirent soit avant celui que je viens de décrire, soit après, et qui furent de plus ou moins grande amplitude.

~ Vénus II ~





~52 ans avant

La tradition écrite pré-colombienne d'Amérique Centrale rapporte que 52 ans avant le cataclysme qui ressemble fort à celui de l'époque de Josué, une autre catastrophe aux proportions mondiales avait eu lieu 16. Il est par conséquent naturel de retourner aux vieilles traditions israélites, telles qu'elles sont rapportées dans les Ecritures, pour déterminer si elles contiennent le témoignage d'un cataclysme correspondant.

Les pérégrinations à travers le désert selon les Ecritures durèrent quarante années. Après quoi, et pendant plusieurs années avant le jour où le mouvement de la Terre fut perturbé, la conquête de la Palestine se poursuivit 17. Il semble donc raisonnable de se demander si une date antérieure de 52 ans à l'événement coïnciderait avec l'époque de l'Exode.

Dans l'ouvrage Ages in chaos, je décris assez longuement le cataclysme qui s'abattit sur l'Egypte et l'Arabie. J'y explique que l'Exode eut lieu au milieu d'un grand bouleversement cosmique qui mit fin à la période de l'histoire d'Egypte connue sous le nom de « Moyen-Empire ». Je m'efforce de montrer que les documents égyptiens contemporains de l'Exode décrivent le même désastre, accompagné par les « plaies d'Egypte », et que les traditions de la péninsule arabique relatent des événements similaires qui eurent lieu dans ce pays comme sur les bords de la mer Rouge. Dans ce livre, je fais état d'une idée de Beke qui soutient que le mont Sinaï était un volcan en activité. Cependant, je révèle que « l'ampleur du cataclysme dut dépasser de loin les effets des perturbations qu'eût provoquées un unique volcan en activité », et je m'engage à répondre à la question suivante : « Quelle fut la nature et l'importance de ce cataclysme, ou de cette série de cataclysmes, accompagné de "plaies" ? ». Dans le présent livre, mon objectif sera de montrer, à partir de ces données, que les mêmes événements se sont produits dans le monde entier, et d'expliquer ensuite leur nature.



~Le monde rouge

J'entends établir qu'au milieu du deuxième millénaire avant notre ère, la Terre subit l'un des plus grands cataclysmes de son histoire. Un corps céleste, tout récemment entré dans le système solaire - une nouvelle comète - s'approcha très près de la Terre. On peut reconstituer le récit de ce cataclysme d'après les témoignages fournis par un grand nombre de documents.

La comète s'éloignait de son périhélie  queue gazeuse. Dans les pages suivantes, je montrerai que c'est au sujet de cette comète que Servius a écrit : « Non igneo sed sanguineo rubore fuise » ( elle n'était pas d'un rouge feu, mais d'un rouge sang ) .

L'un des premiers signes visibles de cette rencontre fut la couleur rouge que prit la surface de la Terre, sous l'influence d'une fine poussière de pigments couleur rouille. Dans les mers, les lacs et les rivières, ce pigment donna à l'eau la couleur du sang. Sous l'effet de ces particules, ou de quelque autre pigment soluble, le monde devint rouge.

Le Manuscrit Quiché des Mayas nous rapporte que dans l'hémisphère occidental, aux temps d'un grand cataclysme où la Terre trembla et où le mouvement du Soleil s'interrompit, l'eau des rivières fut transformée en sang18.

L'égyptien Ipuwer, témoin oculaire de la catastrophe, consigna sur le papyrus ses lamentations19. « La rivière est de sang », dit-il  « Toute l'eau du fleuve se changera en sang ». L'auteur du papyrus écrivit également : « La peste s'est abattue sur le pays entier. Le sang est partout », expressions identiques à celles du Livre de l'Exode ( 7:21 ) : « il y avait du sang sur toute la Terre d'Egypte » .

La présence du pigment hématoïde dans les fleuves provoqua la mort des poissons, suivie de décomposition et de puanteur : « et le fleuve devint infect » ( Exode 7:21 ) , « et tous les Egyptiens creusèrent le sol dans le voisinage du Nil pour trouver de l'eau potable, car ils ne pouvaient boire celle du fleuve » ( Exode 7:24 ) . Le papyrus rapporte : « Les hommes répugnent à la goûter. Les êtres humains ont soif d'eau »  est notre eau ! Tel est notre bonheur ! Que ferons-nous ? Tout est ruine ! » La peau des hommes et des animaux fut irritée par la poussière qui provoquait des pustules, la maladie, et la mort du bétail, « une peste terrible20 » . Les bêtes sauvages, effrayées par les présages du ciel, s'approchaient des villages et des cités21.



Le sommet des montagnes de Thrace reçut le nom de Haemus, et Apollodore rapporte la tradition thrace, qui attribue comme origine à ce nom « le torrent de sang jaillit sur la montagne » quand se livra le combat céleste entre Zeus et Typhon, et que Typhon fut frappé de la foudre22. On dit qu'une ville égyptienne reçut le même nom pour la même raison23.



La mythologie qui personnifiait les forces du drame cosmique décrivait le monde comme étant teinté de rouge. Dans un mythe égyptien, la teinte rouge sang du monde est attribuée au sang d'Osiris, le Dieu-Planète blessé à mort. Dans un autre mythe, c'est le sang de Seth ou d'Apopis  mythe babylonien, le monde fut rougi par le sang du monstre céleste Tiamat égorgé24.



L'épopée finnoise, le Kalevala, décrit comment, au temps du bouleversement cosmique, le monde fut aspergé de lait rouge25. Les Tartares de l'Altaï parlent d'un cataclysme où « le sang colore le monde entier en rouge », et qui est suivi d'un embrasement général26.



Les hymnes orphiques font allusion à l'époque où la voûte céleste, « le puissant Olympe, trembla de peur... et la Terre tout alentour poussa un cri terrible, et la mer s'agita, soulevant des vagues pourpres27 » .



Voici un vieux thème de discussion : pourquoi la mer Rouge a-t-elle reçu ce nom ? Si une mer est appelée noire ou blanche, la raison peut être la coloration sombre de ses eaux, ou l'éclat des neiges et des glaces. La mer Rouge est bleu foncé. Faute de mieux, on a proposé comme explication de cette dénomination la présence de quelques formations de corail, ou de quelques oiseaux rouges sur les grèves de cette mer28.



Comme toute l'eau en Egypte, la surface de la mer, au moment du Passage, était d'une teinte rouge. Il semble donc que Raphaël n'ait pas commis d'erreur dans son tableau du « Passage », en donnant à l'eau une couleur rouge. Naturellement, ce ne fut pas telle rivière, telle montagne, telle mer particulière qui se teinta en rouge, et qui reçut ainsi le nom de « rouge » ou de « sanglant » pour la distinguer des autres montagnes ou des autres mers  rescapées du cataclysme auquel elles venaient d'assister attribuèrent le qualificatif d'Haemus, ou rouge, aux lieux mêmes où elles se trouvaient alors.

Le phénomène de la « pluie de sang » a également été observé sur des surfaces réduites, et à une petite échelle, en des époques plus récentes. Une de ces pluies, selon Pline, se serait produite sous le consulat de Manius Acilius et de Gaius Porcius29. Les Babyloniens parlent également de la poussière et de la pluie rouges tombant du ciel30. Des cas de « pluie de sang » on été signalés dans différentes régions31. La poussière rouge, soluble dans l'eau, tombant du ciel sous l'aspect de gouttes liquides, ne se forme pas dans les nuages, mais doit provenir d'éruptions volcaniques, ou des espaces cosmiques. Il est généralement reconnu que la chute de poussière météorite est un phénomène qui se produit surtout après le passage de météorites  se retrouve sur la neige des montagnes et dans les régions polaires32.



~La pluie de pierres

Après la poussière rouge, une « petite poussière », pareille à de la « cendre de fournaise », se répandit « sur toute la Terre d'Egypte » ( Exode 9, 8 ) . Puis une pluie de météorites s'abattit sur la Terre. Notre planète pénétra plus profondément dans la queue de la comète. La poussière était le signe avant-coureur des pierres. Il tomba « une grêle si violente qu'il n'y en a pas eu de semblable en Egypte depuis son origine jusqu'à ce jour » ( Exode 9, 18 ). Ces pierres de « barad », ici traduites par « grêle », désignent, comme dans la plupart des passages où on les cite dans la Bible, des météorites. Nous savons aussi, par les sources du Midrash et du Talmud, que les pierres qui tombèrent sur l'Egypte étaient brûlantes33. Ceci ne peut s'appliquer qu'à des météorites, et non à une grêle glacée34. Dans les Ecritures, il est dit que ces pierres tombèrent « mêlées de feu » ( Exode 9, 24 ) ( expression dont je discuterai le sens dans la partie suivante ), et que leur chute s'accompagna de « grands bruits » ( « kolot ») . La traduction de ce mot par « tonnerre » est métaphorique, mais littéralement incorrecte, car « tonnerre » se dit « raam », et tel n'est pas le mot employé ici. La chute des météorites s'accompagne de fracas, et de bruits d'explosion, et en cette circonstance, ils étaient si « puissants », que, selon le récit des Ecritures, les gens dans le palais furent aussi terrifiés par le fracas des pierres que par les ravages qu'elles causaient ( Exode 9, 28 ) . La poussière rouge avait effrayé le peuple et une proclamation invitait les hommes à s'abriter et à protéger leur bétail : « Mets donc en sûreté ton bétail, et tout ce que tu as dans les champs, car tous les hommes et tous les animaux qui se trouveront dans les champs, sans être rentrés à la maison, seront atteints par la grêle et périront » ( Exode 9, 19 ) .



De même, le témoin égyptien déclare : « Le bétail est laissé à l'abandon et il n'y a personne pour le rassembler. Chacun va chercher pour son compte les bêtes marquées à son nom35» . La chute des pierres de feu mit en fuite le bétail effrayé. Ipuwer écrivit aussi : « les arbres sont détruits »  ne trouve ni fruits, ni légumes », « la semence a péri de toutes parts », « ce qui hier était encore visible a péri. La Terre est aussi dénudée qu'après la coupe du lin36 ». En un jour, les champs furent transformés en désert. Dans le Livre de l'Exode ( 9, 25 ), il est écrit : « Et la grêle frappa toute la verdure des champs, et brisa tous les arbres de la campagne » .



On retrouve la description d'une semblable catastrophe dans le Visuddhi-Magga, texte bouddhique traitant des cycles du monde. « Quand un cycle du monde est détruit par le vent... il se lève au début un grand nuage destructeur du cycle, et d'abord une poussière fine, puis une grosse poussière, puis du sable fin, puis du gros sable, et puis des graviers, des pierres et finalement des rochers aussi gros que les grands arbres au sommet des collines ». Le vent « retourne le sol à l'envers, de larges surfaces se fendent et sont projetées en l'air (...) toutes les demeures de la Terre » sont détruites dans un cataclysme où « les mondes s'entre-choquent »37. Au Mexique, les Annales de Cuauhtilan décrivent comment un cataclysme fut accompagné d'une pluie de pierres. Dans les traditions orales des Indiens, le motif est repris maintes fois. En une époque antique, le ciel « fit pleuvoir, non de l'eau, mais du feu, et des pierres chauffées au rouge38 ». Tout cela concorde avec la tradition hébraïque.



~Le naphte

Le pétrole brut est formé de deux éléments, le carbone et l'hydrogène. Les principales théories sur l'origine du pétrole sont les suivantes :



1) La théorie inorganique. L'association du carbone et de l'hydrogène s'est effectuée dans les formations rocheuses de la Terre sous l'effet d'une forte chaleur et d'une forte pression.

2) La théorie organique. L'hydrogène et le carbone qui composent le pétrole proviennent l'un et l'autre des débris de vie végétale et animale - en particulier de la vie microscopique que contenaient les mers et les marécages. La théorie organique implique que le processus a commencé alors que la vie était déjà abondante, tout au moins dans les fonds marins39.





La queue des comètes est composée principalement de gaz de carbone et d'hydrogène. Privés d'oxygène, ils ne brûlent pas au cours de leur trajectoire, mais les gaz inflammables, en traversant une atmosphère qui contient de l'oxygène, prendront feu. Si les gaz de carbone et d'hydrogène, ou des vapeurs composées de ces deux éléments, pénètrent dans l'atmosphère en énormes quantités, une certaine partie s'enflammera, fixant tout l'oxygène disponible, le reste échappera à la combustion, mais, par une transformation rapide, se liquéfiera. Cette substance liquide, si elle ne prend pas à nouveau feu en rencontrant dans sa chute atmosphérique de nouveaux apports d'oxygène, tombera soit au sol, le pénétrant par les interstices du sable et les crevasses des rochers, soit sur l'eau et flottera. La chute d'un liquide épais qui descendit vers la Terre, et flamba en dégageant une fumée très dense est relatée dans les traditions orales et écrites des habitants des deux hémisphères.

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