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1 Le Coran nomme sept anges : Gabriel, Michaël, Iblis (ou Eblis), principal djinn dans la mythologie arabe, contrepartie du Satan judéo-chrétien; Malec (ou Malik), principal ange de l'Enfer; les deux anges déchus Harut et Marut; et Malaku'l-maut, ange de la Mort, identifié à Azrael. Contrairement à la croyance populaire et à l'accréditation, le Coran ne nomme pas Israfel, seigneur de la trompette de la Résurrection.

2 III, 648 et suivantes.

3 Israfel n'est pas un ange coranique, comme l'a fait comprendre Poe. Il n'est pas mentionné dans le Coran et la citation de Poe doit probablement dériver d'un hadith (dicton traditionnel attribué au Prophète) ou du « Discours préliminaire » de George Sale, c'est-à-dire son essai sous forme de longue introduction à sa traduction du Coran. Des savants ont remarqué que Poe connaissait les références concernant Israfel et les hommages rendus dans la tradition arabe à Israfel comme ange de la Musique, références et hommages qui se trouvent dans les oeuvres du poète français de Béranger (auteur qu'Edgar Poe cite) et dans les oeuvres du poète irlandais Thomas Moore.

4 Par la suite, je trouvais dans d'autres listes des sept anges (1-Enoch; 2-Esdras, etc.) les noms suivants : Jophiel, Jeremiel, Pravuil, Salathiel, Sariel, Zachariel et Zaphiel.

5 Egalement appelé Enoch éthiopien car la plus ancienne version, ou recension, de ce livre a été trouvée en Abyssinie.

6 Article « Stay you Angels, Stay with me » de Walter Nigg, Harper's Bazar, décembre 1962. La phrase vient de Jean Sébastien Bach « Cantate Michaëlmas ».

7 Ref : Moses Schwab, Vocabulaire de l'Angélologie. D'après Rabbi Abdimi, pas moins de 22.000 anges de bonté descendirent sur le mont Sinaï en ce jour historique (voir Midrash Tehillim sur le Psaume 68).

8 Louis Ginzberg, La Légende des Juifs III, 110.

9 Un écrivain récent, Jean Lhermitte ( True and False Possession, 1963 ) soutenait que « Le Prince des Ténèbres n'apparaît plus comme un personnage [...] mais se dissimule volontairement, et même de préférence sous l'apparence de personnalités du monde du travail ou sous l'apparence d'institutions ».

10 C.E.S. Wood, le poète américain, donne dans son Heavenly Discourse l'adresse postale de Satan à Washington, D.C. C'était en 1927. Sa Majesté Satanique pourrait bien avoir déménagé depuis.

11 Ce doit être « au Nord du 5e Ciel, ou quelque part dans le même Ciel, là où Sophonie affirme qu'un Esprit l'a transporté, le Prophète de l'Ancien Testament ''voyait des Anges qui sont appelés Seigneurs, et chacun avait une couronne sur la tête ainsi qu'un trône brillant sept fois plus que le soleil'' » Clément d'Alexandrie, citant l'Apocalypse de Sophonie perdue.

12 Le fait qu'il y eût, au temps de Paul, des anges du Mal au Ciel « portant des armes sauvages », laisse supposer que le combat en haut n'a pas pris fin avec l'éviction de Satan, et que Michaël et ses armées ont gagné une victoire à la Pyrrhus, ou, au mieux, ont obtenu une trêve.

13 A ce propos, nous pourrions citer ici l'expression « le sein d'Abraham » (Luc 16:22-23), qui indique « le bienheureux repos du mort ». Le Credo affirme que Jésus est descendu en Enfer après la Crucifixion, pour prétendument libérer les « saints enchaînés » (les patriarches non baptisés, dont Abraham) afin de les transporter au Paradis. La parabole de Luc présuppose qu'Abraham y est déjà que l'homme riche dans l'Hadès soit capable de discuter avec Abraham par delà le « grand abîme » qui les sépare, suggère que ce gouffre n'était pas très large, et donc que le Ciel et l'Enfer étaient très proches l'un de l'autre, en tout cas suffisamment proches pour pouvoir converser. On notera que le Purgatoire n'est pas mentionné. L'explication est simple : il n'existait pas avant que Grégoire le Grand ne l'invente en 604. Le terme invention est peut-être trop fort. Grégoire le Grand s'appropria très probablement la notion d'une « géhenne haute » issue des anciens juifs, ou de l'empyrée des stoïques grecs, ou des douze cycles de purgation de Zoroastre. Quoi qu'il en soit, le Purgatoire fut rendu officiel  il « naquit légalement »  par décret au Concile de Lyon en 1274, à Florence en 1439, et à nouveau par le Concile de Trente en 1540, et fait aujourd'hui partie de la croyance religieuse de la plupart des chrétiens, excepté des membres de l'Eglise d'Angleterre qui, en 1562, condamna le Purgatoire comme étant « une chose créée, vainement inventée et [qui n'est] basée sur aucune garantie des Ecritures, mais qui répugne plutôt au Verbe de Dieu ». Nous ne connaissons aucun ange, loyal ou infâme, habitant ou fréquentant l'endroit. D'après Origène, il est réservé aux âmes qui attendent d'être lavées des « plus légères matières » de leurs péchés « de façon à ce qu'ils puissent entrer immaculés dans le royaume du Ciel ». Le temps que les âmes passent au Purgatoire, un temps indéfini, peut être abrégé par des indulgences, des prières et des messes payées. Les Juifs ont leur Yiskor, prière pour le repos des morts récitée à Yom Kippur, Sukkot, Pâque et Shavuoth. Le lieu où reposent ces morts juifs n'est pas clair. Les musulmans ont leur Al Aaraaf, une région pour « ceux qui ne sont ni bons ni mauvais, tels que les jeunes enfants, les fous, et les imbéciles » Reader's Encyclopedia, Araf.

14 Le rabbin Yaakov Yitzhak de Pzysha (appartenant au courant hassidique et connu sous le nom de saint Yehudi, mort en 1814), le rend clairement quand il déclare que « la vertu des anges est qu'il ne peuvent pas se détériorer ». Voir Martin Buber, Tales of the Hasidim, Later Masters, p. 231. Le fait que l'adversaire défie Dieu ou Le questionne, ne fait pas de lui ipso facto un adversaire mauvais ou un opposant de Dieu  tout comme Abraham et Job, quand ils « posèrent une question à Dieu », ne furent pas pour autant considérés comme des hommes mauvais ou présomptueux. Voir Harry M. Orlinsky, Ancient Israël, p.30.

15 Dans la tradition juive, Abaddon est un lieu  le chéol, la fosse ou la tombe; ce n'est nulle part le nom d'un ange ou d'un démon. Le terme est personnifié pour la première fois dans l'Apocalypse et apparaît comme Abaddon (avec un « a » majuscule). Saint Jean fait d'Abaddon le synonyme d'Apollyon et déclare que c'est la forme grecque du même ange. L'édition Confraternity de l'Ancien Testament ajoute ici (Apocalypse 9:11) : « en latin, il a le nom Exterminans ». D'un autre côté, Le Mage, qui offre plusieurs portraits en couleurs de l'insigne démon, dissocie Abaddon et Apollyon en deux « vases de l'iniquité » séparés et distincts, montrant un Abaddon à la chevelure fauve et au nez romain, et un Apollyon à la barbe brun-roux et au nez crochu.

16 D'après Abbot Anscar Vonier dans The Teaching of the Catholic Church (1964), les anges jouissent encore de leur libre-arbitre. Ce qui semble être une autre ou une nouvelle interprétation de la doctrine catholique sur le sujet.

17 NdT : voir la peinture de Murillo au Louvre, « La Cuisine des Anges », où le pauvre frère San Diego, cuisinier dans son couvent mais fréquemment en pleine extase au moment de préparer les repas, se voit miraculeusement aidé par des anges ( Anges de Régamey, planche 141 ).

18 NdT : ancien nom des interprètes dans les pays du Levant.

19 Voir l'addition apocryphe à Daniel 5:86.

20 En 1291-1294, les anges déménagèrent la maison de la Vierge Marie de Nazareth à la Dalmatie, et de là jusqu'à divers endroits de l'Italie, la déposant finalement dans le village de Loretto. Ce transport miraculeux est le sujet d'une toile ( à présent à la Morgan Library de New York ) de Saturne di Gatti, artiste du XVe-XVIe siècle.


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