Le Grand dérèglement du climat

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Art Bell & Whitley Strieber

Le Grand

Dérèglement

du Climat

Traduit de l'américain par Michel Cabart

Le changement global du climat qui affecte la planète est désormais perceptible par tous, et à tous les niveaux.
Pourtant, les météorologues (ceux qui n'ont pas été capables de voir l'arrivée de la super-tempête de décembre 1999, et encore moins la vague de chaleur de 2003) nous disent que "tout va bien ". Le phénoménal succès de ce livre prouve que le public ne partage pas l'optimisme de façade des météorologues officiels, et qu'il réclame des explications claires pour les catastrophes climatiques qui bouleversent chaque pays. Pour les journalistes Art Bell et Whitley Strieber, la fonte des glaciers affecte les courants d'eau salée qui ont équilibré jusqu'à présent notre climat. Et en ce moment même, ils subissent de graves modifications en raison de l'afflux massif d'eau douce, ce qui signifie encore plus de changements climatiques à l'avenir jusqu'au bouleversement final qui, lui, risque d'être aussi radical que dévastateur.
En clair, à cause du réchauffement causé par la pollution, notre planète se dirige, plus vite que prévu, vers une nouvelle glaciation. ArtBell et Whitley Strieber nous expliquent ce que nous pouvons faire pour ralentir ce processus. Best-seller mondial, plus que jamais d'actualité, à lire de toute urgence.

Le jardin des Livres

Paris

-

© 1999-2004 Art Bell & Whitley Strieber

« The Coming Global Superstorm »

© 2005 le Jardin des Livres pour la traduction française.

Éditions Le jardin des Livres ®

14 rue de Naples, Paris 75008

Attachée de Presse : Marie Guillard 01 44 09 08 78

ISBN 2-914569-26-2 EAN 9782 914569 262

Toute reproduction, même partielle par quelque pro­cédé que ce soit, est in­terdite sans autorisation préalable. Une copie par xérogra­phie, photo­graphie, sup­port magnéti­que, électronique ou autre consti­tue une contrefa­çon passi­ble des pei­nes prévues par la loi du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1995, sur la protection des droits d'auteur.

Préface

Quand nous avons écrit ce livre, en août 1999, nous ne pensions pas voir les bouleversements climatiques qu'il annonce avant au moins 15 ou 20 ans. Aucune donnée scientifique ne suggérait le contraire. Les climatologues disaient - si tant est qu'ils disaient quelque chose - que des changements significatifs n'étaient pas à craindre avant des décennies.

Les critiques ne nous ratèrent pas. Oser laisser entendre que nous pourrions être à l'aube d'une catastrophe climatique, pensez ! Matt Lauer nous invita à son émission Today et, se conformant à l'attitude générale des médias, nous taxa d'alarmistes irresponsables cherchant à gagner de l'argent en exploitant la peur des gens. La plupart des médias américains, y compris sur le câble, refusèrent de nous donner la parole.

Au moment de la parution de notre livre, pourtant, cela faisait déjà plusieurs mois que l'évolution climatique confirmait la validité de notre théorie, révélant même une situation bien plus grave que nous le pensions nous-mêmes. Que disions-nous alors, que disons-nous toujours ? Que la fonte accélérée des glaces polaires va modifier les courants océaniques et occasionner un changement climatique brutal  de chaos sans précédent, à un climat mondial si différent de l'actuel que les conséquences à long terme seront dévastatrices.

Tous autant que nous sommes, nous préférons ne pas penser à cette catastrophe écologique qui nous pend au nez parce que nous nous sentons totalement impuissants face à elle, et les médias flattent notre attitude par leur indifférence - voire leur hostilité - à débattre de cet enjeu. C'est bien pire aux États-Unis, où le problème s'est politisé sous l'influence de conservateurs comme George W. Bush, Rush Limbaugh ou le révérend Jerry Falwell, lequel affirme sans ambages « ne pas croire » au réchauffement climatique. Plus ouverts, les démocrates n'en sont pas moins conscients de l'indifférence du public, d'où leur prudente réserve sur le sujet pendant la campagne présidentielle.

La mise au ban médiatique de notre livre n'a été, c'est triste à dire, qu'un frein de plus à l'adoption généralisée de méthodes simples et puissantes permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de ralentir ce processus.

Amère ironie ! Il nous suffirait de suivre les méthodes indiquées dans ce livre pour nous assurer un réel contrôle sur les émissions de gaz à effet de serre, et cela, sans qu'il en coûte rien à l'industrie. À une condition toutefois : que cet effort soit international et que nous soyons très nombreux à l'accomplir. Voilà précisément où les médias avaient un rôle à jouer, et où ils s'en sont abstenus.

Si nous n'agissons pas, dès aujourd'hui s'entend, la rupture climatique se produira inévitablement, bien plus tôt, semble-t-il, qu'on l'imaginait, et sans que la science ait rien vu venir.

En fait, le processus est déjà lancé.

Le 11 juillet 2000, le site internet Discovery.com publiait les résultats d'une étude réalisée par la revue scientifique norvégienne Cicerone. Révélant que la calotte glaciaire arctique aurait probablement disparu dans les 15 ans à venir, les chercheurs soulignaient en outre un point capital également analysé dans ce livre : les émissions humaines de gaz à effet de serre ne sont pas la seule cause du réchauffement mondial, elles sont la seule sur laquelle nous puissions agir. Il importe de comprendre que le basculement climatique fait partie du fonctionnement écologique de la terre. La science nous apprend, comme nous l'expliquons dans ces pages, que ce basculement s'est déjà produit, et cela bien avant que l'atmosphère soit soumise au « forçage anthropique ». Citons Discovery.com : « les dernières estimations montrent que les glaces fondent nettement plus vite que ne peut l'expliquer le seul effet de serre ».

À peine quelques semaines plus tard, le 25 août 2000, des excursionnistes revenaient du pôle Nord avec une histoire à dormir debout : le pôle avait fondu. Là où, depuis la nuit des temps, il n'y avait que glaces, l'eau s'était installée. Sans surprise, certains chercheurs se firent rassurants. Mark Serreze, de l'université du Colorado, déclara le 25 août sur CNN : « ce genre de choses s'est déjà vu par le passé ». Il se garda, cependant, de préciser quand  bien car personne, dans l'histoire de l'humanité, n'a jamais vu d'eau au pôle. La dernière fois que le pôle s'est retrouvé vierge de glace, c'était à l'Éocène, ère qui s'est terminée voilà 50 millions d'années.

L'argument clé de notre livre est que la fonte rapide des glaces polaires va entraîner l'arrêt de certains courants océaniques essentiels, et qu'il en résultera une accélération brutale, et dévastatrice, du changement climatique.

Les deux pôles fondent aujourd'hui à une vitesse qui était totalement imprévisible lors de la sortie du livre en 1999. Les glaciers du monde entier fondent aussi, déversant des avalanches d'eau douce dans des océans dont la salinité, en favorisant l'existence d'eaux froides, contribue directement à la formation des courants. De l'Himalaya à l'Antarctique, la quasi-totalité des glaciers est en recul. Le problème le plus grave se situe au Groenland dont l'inlandsis, en fondant, rejette annuellement 50 milliards de tonnes d'eau douce dans l'océan. Pire, les marges glaciaires de cet inlandsis s'amincissent de deux mètres par an, ce qui signifie que les glaciers sont en train de devenir instables et risquent de glisser brutalement dans la mer.

« Nous voyons se multiplier les signes que quelque chose de ce genre est en cours et accélère le mouvement des marges glaciaires », commente William Krabill dans une étude publiée en juillet 2000 par la revue Science. La fonte du Groenland devrait élever le niveau de la mer de 6,40 mètres  bien avant d'être terminée, elle aura un effet majeur sur le climat.

Dans l'Antarctique, la situation est tout aussi critique. Depuis dix ans, la banquise antarctique se désagrège. En mars 2000, deux icebergs colossaux se sont détachés de la plate-forme de Ross, dont le plus gros, avec ses 296 x 37 kilomètres, était presque aussi vaste que deux départements français.

Il ne s'agit pas d'un événement isolé.

D'énormes blocs de glace quittent régulièrement l'Antarctique depuis 1987, date où un iceberg grand comme un département et demi s'est détaché de la plate-forme de Ross. Le 9 février 1988, le New York Times signalait « deux années exceptionnelles de morcellement des glaces ». La plate-forme de Larsen est d'ores et déjà totalement détruite, tandis qu'une instabilité grandissante menace celle de Ross.

En septembre 2000, John Lowe, professeur à l'université de Londres, a estimé que le réchauffement mondial risquait de provoquer un mini-âge glaciaire en Grande-Bretagne d'ici quelques décennies  sont « accablantes ».

La fonte des glaces flottantes telles que les banquises arctique et antarctique ne fera pas monter le niveau des mers, et on ne voit guère de signes annonçant une disparition brutale des inlandsis groenlandais et antarctique à brève échéance. L'enjeu n'est donc pas le niveau des mers mais l'apport massif d'eau douce que reçoivent en ce moment les océans polaires. Telle fut précisément la cause du dernier grand bouleversement climatique, que nous étudions en détail dans ce livre  démarra par une série de tempêtes sévères et que celles-ci amenèrent un refroidissement qui devait durer deux siècles dans l'hémisphère nord, et se prolonger jusqu'aujourd'hui au-dessus du cercle arctique.

Il existe, semble-t-il, un vaste cycle climatique où alternent longues périodes de stabilité et ruptures brutales. Nous nous trouvons presque certainement aujourd'hui à un point de rupture : le changement se produira quand l'injection massive d'eau douce dans les océans polaires, combinée à l'augmentation de la température de l'air, aura tellement élevé la température de l'eau que les grands courants régulateurs du climat s'arrêteront.

Lorsque nous avons écrit ce livre, nous pensions que ce processus prendrait des années. Au vu des douze derniers mois, il est désormais clair que le basculement peut démarrer à tout moment, et il est sans doute même déjà en cours.

Le 27 novembre 1999, la prestigieuse revue britannique The New Scientist publia un article intitulé « L'Europe face à un nouvel âge glaciaire : des preuves alarmantes », qui corroborait les avertissements formulés dans ce livre. On pouvait y lire : « Les courants océaniques responsables du doux climat européen sont en train de changer... Des chercheurs ont découvert que le réchauffement mondial pourrait entraîner un vaste refroidissement en détournant un courant appelé la Dérive Nord-Atlantique ». L'article expliquait que l'injection d'eau douce dans les mers nordiques, due à la fonte rapide des glaces polaires, avait déjà modifié radicalement les courants qui régulent le climat, et que certaines données montraient même qu'un courant arctique profond s'était carrément inversé.

Comme notre livre était à la veille de paraître, nous appelâmes notre attaché de presse, qui envoya des communiqués. La plupart des médias restèrent de marbre devant cette preuve claire, nette et concrète que nos avertissements étaient, non seulement appropriés mais terriblement actuels.

Pas tous, cependant. La journaliste Liz Smith fut particulièrement impressionnée par le livre : « Je suis tombée sur ce livre au moment même où les tempêtes du Nouvel An ravageaient l'Europe et tuaient près de 100 personnes  zéphyr en comparaison de ce qui nous attend, d'après les auteurs, si nous continuons à ne rien faire ».

Les tempêtes en question, c'est vrai, avaient de quoi faire peur. Soufflant à plus de 200 km/h, elles ravagèrent l'Europe en deux vagues dont la deuxième, le 28 décembre 1999, détruisit des centaines de millions d'arbres en France, semant le chaos dans les lignes électriques, les routes et les habitations. Plus de cent personnes trouvèrent la mort. En Espagne et en Italie, les tempêtes montèrent à une altitude invraisemblable, faisant tomber, à la stupeur des scientifiques, des grêlons de plus de 3,5 kg. « Je suis le premier surpris par ce phénomène », avoua le géologue Jesus Martinez Frias, responsable d'une équipe chargée de recueillir et analyser les blocs de glace. Quelques mois plus tard, les chercheurs annoncèrent que la glace avait effectivement été produite par les intempéries.

Pour nous, ce n'était là qu'un début. C'était la preuve que des nuages sommitaux peuvent atteindre les altitudes extrêmes indiquées dans notre livre  apparaît alors, grossit dans sa chute et vient pilonner la terre en blocs énormes. La raison ? Les températures grimpent en surface car la chaleur y est piégée par les gaz à effet de serre, et elles baissent au-dessus de la stratosphère car la chaleur rayonnée vers le haut est de plus en plus faible. Cet effet a été signalé par des scientifiques en mai 1999. La mésosphère, qui s'étend au-dessus de la stratosphère ( entre 50 et 80 kilomètres d'altitude ), se refroidit de 0,6°C par an depuis dix ans, soit dix fois plus vite qu'on le pensait autrefois. Gary Thomas, du Laboratoire de Physique Atmosphérique et Spatiale de l'université du Colorado, estime que c'est peut-être, en matière de changement climatique, l'équivalent du « canari du mineur », allusion au canari qu'emmenaient jadis les mineurs dans les mines parce qu'il mourait avant eux en cas d'émanation de gaz, les sommant de remonter.

L'écart de température entre haute et basse atmosphère augmentant, la possibilité de tempêtes extrêmes augmente de même. De fait, elles ont été omniprésentes en 1999 et 2000. L'Europe n'en a pas eu le privilège : le Venezuela, la Chine, l'Inde, l'Asie du Sud-Est les ont également subies. Le 20 décembre 1999, des pluies torrentielles ont inondé Caracas et tué 30.000 personnes. En mai de la même année, une tornade de l'Oklahoma a établi un nouveau record avec des vents soufflant à 509 km/h. En novembre 1999, un supercyclone monstrueux, ressemblant fort à celui décrit dans ce livre a tué au moins 12.000 personnes en Inde, faisant des millions de sans-abri et obligeant les survivants à brûler 200.000 carcasses d'animaux pour éviter la propagation de maladies.

Le 23 novembre 1999, le New York Times publia un article allant exactement dans notre sens. Il portait sur le dernier bouleversement climatique en date, que nous analysons également dans cet ouvrage et qui amena le chaos vers la fin du dernier âge glaciaire. Gerard Dickens, de l'université James Cook ( Australie ), y comparait la progression du réchauffement à la mise sous tension d'un élastique : « Petit à petit, l'élastique s'étire. Puis, d'un seul coup, il casse ». L'article, essentiellement consacré au changement climatique brusque survenu il y a 55 millions d'années, illustrait on ne peut plus clairement notre thèse : « Sous l'effet de facteurs naturels, la terre peut changer radicalement et brutalement ». Si l'on ajoute aux processus naturels actuellement à l'oeuvre, le coup de pouce donné par les hommes, on obtient une situation potentiellement explosive.

Nous voici en octobre 2000. Nous avons assisté à une cascade d'événements dévastateurs et pour la plupart totalement imprévus. Le climat est devenu hyperviolent, imprévisible, dangereux à l'extrême.

Le 31 janvier 2000, le magazine U.S. News and World Report a publié un article sur le changement climatique imputant l'essentiel de la situation actuelle à des phénomènes océaniques comme El Niño et la Niña, phénomènes cycliques de réchauffement et refroidissement du Pacifique qui ont une profonde influence sur le climat de l'Amérique. Et l'article de conclure : « Il est trop tôt pour s'affoler ».

Trop tôt ? Ce n'est pas notre avis. À l'heure où j'écris ces lignes, le climat de la planète s'enfonce dans un chaos de plus en plus profond. Plus de 2 millions d'hectares de terres arides ont déjà brûlé dans l'ouest américain, qui devraient devenir 2,5 millions d'ici la fin de l'année. Le 27 août 2000, les feux du Montana ont fusionné en un incendie unique de 100.000 hectares, le plus grand jamais vu aux États-Unis - et c'est alors que le vent s'est levé. Tandis qu'à l'ouest le feu faisait rage, le midwest et le nord-est connaissaient l'un des étés les plus humides jamais enregistrés, prolongement d'une situation apparue en janvier où l'on avait vu les températures tomber à -26°C à New York, et parallèlement s'envoler jusqu'à 27°C au sud du Texas.

Des extrêmes de ce genre se sont produits un peu partout dans le monde et l'été 2000 promet, comme ceux de 1997 à 1999, de figurer au palmarès des étés les plus chauds. Début juillet, une vague brûlante d'air saharien a envahi le sud-est de l'Europe et la Turquie, faisant exploser les températures et voler en éclats tous les records. Il a fait 45°C en Turquie et en Grèce, 44°C dans les Balkans. Les routes, dont le bitume fondait, sont devenues impraticables. Des feux se sont déclarés dans toute la région. En septembre, la mousson a causé des inondations en Inde, faisant 15 millions de sans-abri.

Un événement plus inquiétant encore s'est produit le 21 août au nord de l'Angleterre, où les villes de Hull et York ont été surprises par des tempêtes paradoxales que les météorologues n'avaient pas vu venir et qui ont amené pluies torrentielles, grêle, forte tornade et douze centimètres de neige. À trois cents kilomètres de là, le nord du pays de Galles a connu des intempéries similaires, des routes bloquées par la grêle et des températures en chute libre. Exactement le genre de temps qu'on attendrait si le flot d'eau chaude qui remonte habituellement du sud était en train de se tarir, sans être encore complètement arrêté.

Tous ces effets, notre livre les avait prédits, comme il prédit ce qui nous attend au cours des prochaines années - et il apparaît que ce sera un changement climatique nettement plus drastique que prévu.

Au contraire des médias américains, partagés entre un parfait dédain et une franche hostilité, la presse britannique a réservé un accueil globalement favorable à ce livre. Une de nos thèses n'a toutefois été analysée par aucune grande revue dans le monde : c'est l'idée qu'une société bien plus évoluée et bien plus ancienne que ne l'admet la science conventionnelle a presque certainement existé dans le passé, idée qui cadre de mieux en mieux avec les dates des réalisations clés de l'humanité, qu'une série de découvertes effectuées en 2000 n'ont cessé de repousser toujours plus loin dans le passé.

Cette société antique, selon nous, fut dramatiquement emportée par un bouleversement climatique. Qu'elle ait existé ressort d'un rapide inventaire des structures anciennes dont on ne sait aujourd'hui expliquer ni l'origine, ni la construction. L'un des cas les plus frappants se trouve en plein Pacifique, près de la petite île japonaise de Yonaguni. Une énorme structure gît là, que de solides éléments permettent d'attribuer à la main de l'homme et qui s'est engloutie dans l'océan il y a 9000 ans - date approximative du dernier chamboulement climatique. Mais la science préfère croire à une origine géologique, justement et surtout à cause de cette date : car une civilisation capable de construire une si vaste structure ne saurait avoir existé au Japon il y a 9000 ans.

En novembre 1999, pourtant, les fonds marins proches du monument ont livré des gravures d'origine indiscutablement humaine. D'où une nouvelle théorie : l'objet aurait émergé de la mer il y a 5000 ans, aurait été gravé puis aurait de nouveau été recouvert par la mer.

Le fin mot de l'histoire reste très probablement à trouver. Ce qui en ressort, en tout cas, c'est que nos vues sur le passé de l'humanité ont été jugées tellement dérangeantes qu'il a paru préférable de passer sous silence l'ensemble de notre thèse. Par voie de conséquence, le public a été tenu dans l'ignorance du caractère critique de la situation actuelle ainsi que des moyens dont nous disposons pour la contrôler - et ce contrôle pourrait s'avérer crucial.

Que la civilisation évoquée ci-dessus ait existé ou non, le basculement climatique qui se produisit alors fut une rupture consécutive à un pic de réchauffement identique à celui que nous connaissons aujourd'hui  la science conventionnelle fournit des preuves abondantes et quasi irréfutables. Les preuves ne manquent pas, non plus, pour montrer que ce basculement s'opéra en une saison, et dans le plus effroyable chaos. Un tel événement, aujourd'hui, nous tuerait par milliards, d'abord sous les coups de la catastrophe initiale, puis, bien plus nombreux encore, par la faute du meurtrier désastre agricole qui s'ensuivrait.

Le 11 juillet 2000, le journaliste Bob Herbert rapportait cette formule de Michael Oppenheimer, responsable scientifique d'un organisme américain de recherche environnementale nommé Environmental Defense : « La dernière fois que le monde a été aussi chaud qu'il le sera à la fin du siècle, c'était il y a plusieurs millions d'années. Nous n'avons aucun moyen d'être sûrs que nous saurons nous y adapter ». À l'époque où il a prononcé ces mots, il ignorait que le pôle Nord s'apprêtait à fondre quelques semaines plus tard. L'eût-il su, il n'aurait sans doute pas parlé de la fin du siècle et aurait plutôt dit, avec quelque chance d'être exact : « à la fin des prochains mois ou des prochaines années ».

Nous n'avons pas voulu écrire un livre de vague futurologie mais un livre appelant à agir contre des événements qui, n'en doutons plus, nous pendent littéralement au nez. En ce mois d'août, le changement climatique que nous décrivions nous paraît beaucoup plus proche que nous ne l'envisagions en rédigeant ces pages... il y a un an à peine.

Whitley Strieber

 

La super-tempête

est peut-être beaucoup

plus proche que nous

le pensons

 

Depuis la première édition de ce livre, une série d'événements dramatiques est venue suggérer qu'un brutal changement climatique pourrait être déjà en cours :

- les scientifiques ont découvert que des courants océaniques vitaux sont en train de décliner et de se transformer.

- en France, une vague de chaleur meurtrière a fait des milliers de morts.

- des grêlons de 3,5 kg sont tombés en Espagne.

- le plus gros iceberg jamais vu, grand comme deux départements français, s'est détaché de l'Antarctique.

- aux États-Unis, la National Oceanic and Atmospheric Administration a confirmé que les océans se réchauffent à une vitesse sans précédent.

- des scientifiques britanniques ont confirmé le scénario de la super-tempête.

Que va-t-il se passer maintenant ?

L'événement le plus dangereux qu'ait jamais affronté l'humanité est-il déjà en cours ?

 

Prologue


La tempête arrive

 

Le premier signe fut si infime qu'il passa quasiment inaperçu.

La bouée 44011 ancrée sur le banc Georges1, à 275 kilomètres à l'est de Hyannis ( Massachusetts ), envoya une information d'apparence anormale. Ce fut le seul signe, dans le monde entier, qu'émirent les instruments scientifiques pour indiquer que deux milliards d'hommes se trouvaient désormais en danger de mort. L'avertissement aurait pu venir des semaines auparavant. Des années auparavant, à vrai dire. Certains climatologues plus conscients que d'autres avaient commencé à étudier la création d'un système d'alerte. Mais les budgets n'avaient pas suivi. Le Congrès américain, enlisé dans les vains débats sur la réalité du réchauffement mondial, n'était pas prêt à financer des études sur la circulation du courant Nord-Atlantique2, pourtant l'artère vitale de la planète.

Que s'était-il passé sur le banc Georges ? La température de l'eau relevée par la bouée était brusquement passé de 8,9 °C à 2,4 °C. Une baisse pareille, en l'espace d'une nuit, c'était tout simplement trop énorme. Le Centre Américain des Bouées Océaniques ( NDBC ), à qui elle appartenait, décréta qu'elle était en panne et adressa à la NOAA3, son administration de tutelle, un avis de routine recommandant d'ignorer les relevés de température fournis par cette bouée jusqu'à sa remise en état. Cet avis ne fut pas diffusé auprès de ceux qui auraient pu se soucier de le décrypter.

Quelques jours plus tard, une deuxième bouée parut à son tour donner des signes de dysfonctionnement. Elle appartenait cette fois au Réseau Mondial d'Observation des Océans ( GOOS4) et se trouvait dans le Pacifique Méridional, à 1500 kilomètres de l'Antarctique, d'où elle transmettait des données au Centre Australien d'Études Océanographiques ( AODC ). Dans le cadre du Programme International de Suivi de la Température et de la Salinité des Océans ( GTSPP5), AODC transmit l'information au Service canadien des Données sur le Milieu Marin ( SDMM ). Là encore, le problème fut consciencieusement enregistré. L'avis d'entretien toutefois ne fut pas communiqué aux personnes qui avaient eu connaissance du premier, celui concernant la bouée du banc Georges. C'était sans intérêt : l'entretien de la bouée antarctique était à la charge des Australiens et non des Américains.

La plus grande civilisation de l'humanité n'avait désormais plus que quelques semaines à vivre.

Les chercheurs impliqués dans l'Étude des Changements Climatiques Atlantiques ( ACCE6) auraient certainement pris ces incidents très au sérieux s'ils en avaient été informés. Mais leur projet, consistant à lâcher des bouées dérivantes sous-marines pour étudier le courant Nord-Atlantique, n'en finissait pas de se monter, n'en finissait plus d'attendre les financements.

Malgré l'absence de données permettant d'affirmer que le plus vaste courant océanique venait de changer de route, les gens ne tardèrent pas à s'apercevoir, à Sydney, à Tokyo, à Vladivostok, à Dusseldorf, à Londres, à Los Angeles, qu'un terrible chamboulement du temps venait de se produire.

New York était en train de connaître le mois de février le plus chaud jamais enregistré, avec une température record de 32,8 °C.

On en aurait ri autrefois. Mais maintenant personne ne riait plus.

Tout au long de la côte sud des Etats-Unis, de Brownsville au Texas à Cape Fear en Caroline du Nord, un étonnant flux d'air méridional commença à se répandre. Les arbres précoces du sud du Texas se couvrirent de nouvelles feuilles frissonnantes. De vénérables chênes du Mississippi se mirent à danser sur leur base. Sur les côtes de Caroline, le vent sifflait dans les forêts de pins, un vent qui faisait s'entrechoquer les branches et gémir les avant-toits, et qui, dans la nudité du paysage hivernal, avait toute l'apparence d'un vent froid. L'apparence seulement. Car en réalité, la température et l'humidité augmentaient. Aux États-Unis, au plus fort de l'hiver, l'été avait commencé.

En Australie et en Nouvelle-Zélande, ce fut le contraire. L'été austral, relativement normal jusqu'en janvier, donna en février des signes inaccoutumés de changement. En Nouvelle-Zélande, la neige se mit à tomber dans les montagnes du sud et un froid record enveloppa Auckland. Plus au nord, l'Australie restait prisonnière d'une chaleur record mais un changement s'amorçait visiblement.

En Russie, le centre de traitement d'informations météorologiques d'Obninsk isola une image satellite qui confirmait les rapports des observateurs terrestres, à savoir qu'une tempête exceptionnelle venait de naître dans l'Arctique russe. Elle appartenait à une catégorie dont on n'avait vu que peu d'exemples jusque-là. La première du genre, apparue près de Dublin en Caroline du Nord, dans la nuit du 15 avril 1999, avait été qualifiée de « tornadocane7 » car elle se présentait comme une énorme super-cellule8 à tornades, dotée d'une circulation cyclonique caractéristique. Les vents y avaient atteint 265 km/h et un oeil s'était même formé près du mésocyclone, cette région de l'orage où naissent les tornades.

Au premier coup d'oeil, les scientifiques russes comprirent que la nouvelle tempête était réellement exceptionnelle et ils la signalèrent à l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les Chinois, eux aussi, suivaient de près l'évolution de la tempête grâce au FY-1, leur satellite météorologique polaire. Ils adressèrent à l'OMM un message urgent : le CAPE9 de la tempête semblait augmenter à toute vitesse.

Que faisait une tempête de cette nature à cet endroit et à cette époque de l'année ? Mystère. Quant à savoir pourquoi elle prenait tant de puissance...

Dans toute l'Europe du sud, de Madrid à Istanbul, un vent du sud, âpre et sec, se leva en hurlant. New York voyait depuis deux jours s'amonceler vers le nord des nuages humides et bas. Le vent soufflait désormais à 48 km/h à Atlanta, à 65 km/h à Houston.

Les météorologues du monde entier étaient en observation. Personne, cependant, n'avait encore fait le lien entre ces événements éparpillés à la surface de la planète. Partout, des laboratoires étudiaient les données transmises par les satellites russes et chinois  approches restaient essentiellement locales.

Puis un typhon apparut sur le Pacifique central. Il se forma en quelques heures, plus vite qu'aucun typhon connu à ce jour. En l'espace d'une semaine, une tempête énorme menaçait une zone allant des Philippines au Japon. Elle était de catégorie 4 sur l'échelle de Saffir-Simpson10 et fut qualifiée de supertyphon. On la baptisa Max.

Remarquant l'extraordinaire puissance de cette tempête, le Laboratoire Américain des Tempêtes Sévères effectua un recueil massif d'informations. Il constata que la vitesse des vents, près du coeur du système, dépassait 320 km/h. Des bulletins météo d'urgence furent envoyés dans tout le Pacifique.

Pendant ce temps, le Service Météorologique Australien observait un autre phénomène apparu au large de la Tasmanie, dans les secteurs sud et ouest : un système météo qui se déplaçait suivant une trajectoire jamais vue auparavant.

Cette tempête fut également signalée à l'Organisation Météorologique Mondiale.

À ce stade, l'OMM se rendit compte que trois tempêtes particulièrement exceptionnelles étaient en cours de développement dans trois zones différentes de la planète. Elle décida alors de faire appel au Laboratoire Américain des Tempêtes Sévères pour l'aider à interpréter la situation.

Max, dont les vents atteignaient désormais 320 km/h, fut reclassé en catégorie 5. Il était en bonne voie pour devenir la plus violente tempête jamais observée. Le « tornadocane » de l'Arctique russe était en train de s'intégrer au super-ensemble de tempêtes, centré sur le pôle Nord, qui se développait à présent.

À Paris, la température se rapprochait des 32°C. À New York et Toronto, la vitesse du vent dépassait maintenant 65 km/h.

Le pétrolier géant Exxon Invincible, qui croisait au large de Cape Race ( Terre-Neuve ), signala qu'une voie d'eau menaçait de l'éventrer, faisant craindre la plus grande marée noire de l'histoire. De Terre-Neuve jusqu'en Caroline du Nord, une alerte générale fut lancée.

Dallas était remplie des effluves marins que soufflait vers elle le golfe du Mexique, plus de 450 kilomètres au sud. À Londres, la température, après avoir atteint un niveau record, était maintenant à la baisse. Dans l'Europe entière, des tempêtes s'abattaient en rugissant et la foudre striait le ciel nocturne de dizaines de villes.

Les climatologues et météorologues du monde entier le savaient maintenant : le climat de la planète était en proie à un remue-ménage général.

Au Laboratoire Américain des Tempêtes Sévères, quelqu'un souleva enfin la question cruciale : pourquoi ?

 

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Présence du danger

 

L'année 1999 fut l'année la plus violente de l'histoire climatique moderne. Comme 1998. Comme 1997. Et comme 1996. Même un regard occasionnel sur les bulletins météorologiques suffit pour constater que quelque chose d'extraordinaire est en train de se passer. Quoi exactement ? Tout le débat est là.

Voilà vingt ans qu'on nous bombarde d'avertissements disant que le réchauffement mondial représente un danger réel et actuel. D'autres voix rétorquent que ce sont des absurdités.

Le 15 mars 1999, des chercheurs des universités de l'Arizona et du Massachusetts annoncèrent avoir reconstitué la courbe de température moyenne de la terre sur les mille dernières années. Les résultats firent l'effet d'une bombe. Car ils montraient qu'une tendance lourde au refroidissement, qui durait depuis 900 ans, s'était brusquement et nettement inversée au cours des 50 dernières années. En raison de l'augmentation des gaz à effet de serre - rétenteurs de chaleur - un réchauffement violent s'est mis en route. Les chercheurs prévoient que la terre sera bientôt plus chaude qu'elle ne l'a jamais été en plusieurs millions d'années.

Un cauchemar climatique est en train de s'abattre sur nous, et l'on peut dire sans craindre de se tromper que ce sera la pire menace de toute notre histoire.

Pourtant, nos possibilités d'action sont étonnamment nombreuses. Certaines nous concernent personnellement, d'autres concernent la société dans son ensemble.

Elles ne sont ni très difficiles, ni très coûteuses, que ce soit pour les gouvernements, les entreprises ou les individus.

Seront-elles efficaces ? C'est toute la question. À ce jour, notre incapacité à évaluer précisément les risques du réchauffement mondial s'est traduite par une absence généralisée d'actions significatives. Or la situation s'aggrave de plus en plus. Il est désormais clair que la dégradation de l'atmosphère - et même de la totalité de la biosphère - est bien plus rapide que ne l'imaginaient il y a peu les climatologues les plus impliqués.

Que risque-t-il donc d'arriver ?

Il est vital que nous réussissions à le comprendre. C'est vital parce que nous devons nous donner les moyens de l'empêcher. Comment savoir si le pire désastre climatique ( si inimaginable qu'on ne l'évoque qu'à voix basse ) n'est pas effectivement en cours ? Comment savoir si nous ne sommes pas à l'aube d'un emballement climatique si dévastateur qu'il pourrait priver le monde de toute nourriture et semer d'incalculables destructions ?

Pour y voir plus clair, nous allons entreprendre un voyage dans l'histoire du changement climatique actuel et, au-delà, dans l'étonnante histoire du climat mondial. Et nous nous rendrons compte que notre civilisation, par son gigantisme et l'action massive qu'elle exerce sur l'environnement, est à la merci de tout changement climatique tant soit peu violent.

L'impensable n'est plus impossible : notre civilisation pourrait disparaître.

Le climat fonctionne à la manière d'un élastique qu'on étire et qu'on relâche brusquement. Pendant des années, voire des périodes géologiques entières, les contraintes s'accumulent lentement et la chimie de l'air se modifie. Puis, en quelques années ou même en quelques mois, un ajustement s'opère, à une échelle presque inconcevable.

Le climat de la terre semble doté d'un mécanisme puissant de régulation. Quand la chaleur atteint un certain niveau, une rupture brutale se produit. L'air froid dévale du nord et envahit l'hémisphère nord surchauffé. Une ère de froid commence subitement.

On sait dans les grandes lignes ce qui se produit à ce moment. Mais la science ne s'est pas encore penchée sur le point particulier suivant : ce changement s'accompagne nécessairement d'une libération phénoménale d'énergie liée à la réorganisation générale du climat. Cela signifie concrètement que le rééquilibrage climatique se manifeste quasi certainement par une énorme tempête, ou série de tempêtes, dont rien, dans notre expérience, ne peut nous donner l'idée. Nous sommes convaincus que cela s'est déjà produit par le passé et que cette supertempête, comme nous l'appelons, a laissé des traces fossiles  brutalement et qu'elle possède un pouvoir destructeur capable de mettre fin à notre civilisation.

Ces affirmations peuvent paraître sensationnalistes. Nous sommes pourtant en mesure de prouver que lorsque la nature appuie sur la détente, c'est de façon brutale, et qu'en conséquence, le rééquilibrage climatique qui s'ensuit doit être tout aussi brutal et mettre en jeu des énergies titanesques. Et cela laisse penser que nous sommes peut-être dès à présent dans un danger extrême.

Depuis trois millions d'années, la terre est prisonnière d'un système climatique exceptionnellement rigoureux. Au cours de cette période, le climat a oscillé bien des fois entre le froid et le chaud. À mainte reprise s'est reproduit le scénario suivant : la terre se réchauffe, devient de plus en plus chaude  puis, à un certain stade, c'est le retour brutal des glaciers qui ensevelissent un quart de la planète, parfois pendant cent mille ans. Certaines fois, la glaciation consécutive au refroidissement ne dure pas. D'autres fois même, comme ce fut le cas vers -8000, le brusque refroidissement n'est pas suivi de glace mais interrompt simplement quelque temps le réchauffement.

Aujourd'hui, les facteurs qui ont provoqué de brusques changements climatiques dans le passé redeviennent actuels. Le changement qui s'annonce, dont nous verrons qu'il s'intègre dans un vaste cycle naturel, a cette fois-ci été accéléré par l'activité humaine. Quand il se produira, il sera probablement beaucoup plus violent que les précédents, comme l'indiquent certaines données climatiques récentes et inexpliquées sur lesquelles nous reviendrons.

Nous nous pencherons aussi sur le dernier grand bouleversement, que nous tenterons de voir à travers les yeux des hommes qui l'ont vécu. Nous apprendrons même, grâce aux données fossiles, en quelle saison il eut lieu. Nous verrons pourquoi cet événement n'a pas provoqué d'âge glaciaire, et sur quelle base on peut dire que le prochain en suscitera un ou non.

Pour vous, pour votre famille, à quoi ressemblera ce changement climatique ? Tout dépend de l'endroit où vous vivez. Plus vous serez au nord, plus vous aurez intérêt à filer rapidement vers le sud.

Quand les courants océaniques chauds qui montent aujourd'hui vers le nord cesseront de le faire, l'ensemble de notre climat changera. C'est à ce moment, selon nous, que se rassemblera l'énergie nécessaire à la formation d'une supertempête.

Supposons que vous habitiez Dallas, Madrid ou Rome. Vous pourrez soupçonner que la supertempête est en cours de formation lorsque des bulletins météo vous annonceront l'arrivée de toute une série de fronts froids en provenance de l'Arctique. Ce pourra être à n'importe quel moment de l'année. Vous entendrez dire qu'un nombre croissant de régions nordiques - Toronto, Stockholm, Pékin - connaît des conditions climatiques sévères, caractérisées par des pluies estivales extraordinaires et des blizzards hivernaux sans précédent. Cela continuera ainsi pendant une semaine ou plus, avec une intensité croissante. Des bourrasques soufflant à plus de 160 km/h apparaîtront dans les différentes plaines nordiques du globe comme les hautes plaines américaines ou les steppes d'Asie centrale. Nous expliquerons ultérieurement pourquoi la situation, selon nous, devrait même être bien pire.

Des villes comme Edmonton et Semipalatinsk d'abord, Minneapolis et Moscou ensuite, seront coupées du monde. L'Alaska et le nord de la Sibérie les auront précédées dans le silence. En Europe, en Asie, en Amérique, des populations entières tenteront désespérément de gagner le sud. Dans l'hémisphère austral, les courants subiront des modifications analogues à celles affectant les courants de l'Atlantique nord. L'Australie et la Nouvelle-Zélande seront donc touchées elles aussi. L'été s'y changera en hiver ; l'hiver y sera d'un froid extrême  énormes dévasteront les côtes sud. Des typhons, brutalement surgis, viendront pilonner les Philippines, le Japon et les îles du Pacifique.

Plus vous serez au nord, plus vous serez soumis à des conditions extrêmes. Jour après jour, les tempêtes croîtront en complexité et en taille, revêtant des formes totalement inédites.

De gigantesques mouvements de population parcourront l'ensemble de l'hémisphère nord. À la faveur de l'immense désordre qui en résultera, d'innombrables personnes mourront, rattrapées par la supertempête.

Une fois la supertempête dissipée, les effarantes proportions de la catastrophe apparaîtront peu à peu. Les seuls échos en provenance d'Europe arriveront du Portugal, du sud de l'Italie et du sud de l'Espagne. Le Midwest américain, la Sibérie, l'Europe du nord seront totalement recouverts de glaciers qui renverront vers l'espace une part considérable de la lumière et de la chaleur du soleil.

Si la tempête frappe en été, cette glace aura quelque chance de fondre  qui se produisit lors de la dernière supertempête dont les mythologies du monde entier - nous y reviendrons - semblent avoir conservé la mémoire.

Si, en revanche, la tempête survient en automne ou en hiver, on peut tout à fait imaginer que la glace, en quelques mois, se tasse suffisamment et renvoie suffisamment de chaleur et de lumière pour que l'été suivant ne puisse la faire fondre.

L'hiver qui viendrait ensuite serait alors le plus froid de l'histoire.

Un nouvel âge glaciaire aura commencé, ultime effet du réchauffement dont les survivants apprécieront sûrement l'ironie.

 

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Le mystérieux passé

de l'humanité

 

Il est à peu près certain que des supertempêtes ont déjà eu lieu, probablement même en grand nombre. Il n'est pas impossible d'ailleurs, que les premiers hommes nous aient transmis le souvenir du dernier épisode de ce type et qu'ils nous aient laissé, en même temps que sa description, toute une série d'avertissements que nous devrions désormais cesser d'ignorer. Mais nous ne sommes que trop enclins, et depuis trop longtemps, à taxer d'imaginaires les événements que rapportent les légendes primitives quand ils nous paraissent fantastiques.

Peut-être manquons-nous en cela de prudence, peut-être devrions-nous porter plus d'attention au passé et tenter de comprendre ce qu'ont voulu nous dire nos ancêtres. Nous n'apprenons guère de l'histoire et tablons plus volontiers sur la science et le futur. Or, il se pourrait que le passé nous ait envoyé un message dont dépende notre survie.

La version consacrée de l'histoire de l'humanité est la suivante : au cours des deux derniers millions d'années, des espèces protohumaines comme Homo Erectus puis l'Homme de Neandertal ont parcouru les étendues africaines et se sont lentement répandues en Europe et en Asie. On sait qu'ils faisaient usage d'outils grossiers puisqu'on en a retrouvé certains. On sait aussi qu'ils ne possédaient pas un langage évolué car la brièveté de leur cou ne permettait pas un contrôle suffisant du souffle et n'autorisait que des mots simples. Puis, voici 100.000 ans environ, est apparu l'homme de Cro-Magnon. Bâti très différemment, il avait la tête haute et un crâne large et léger, dépourvu de lourdes et simiesques arcades sourcilières. Son long cou était adapté au langage complexe, facteur qui rendit possible le développement de la civilisation. Enfin, il y a 7.000 ans environ, surgirent les premières bourgades puis, quelque mille ans plus tard, les premières cités.

Jusqu'en 1995, cette vision du passé était un véritable dogme s

 

- "deux livres en un, une histoire qui raconte une glaciation, mais aussi une recherche de ce qui est particulier dans ce monde... des monolithes à l'ile des Pins , des plateformes d'envol sous l'océan en lisière des abysses côté japon.... etc"

- "Extrêmement bien expliquer, il faut s'accrocher pendant la lecture car elle n'est pas vraiment optimiste mais il faut savoir malgré tout je le recommande vivement."