La Vierge du Mexique ou le miracle le plus spectaculaire de Marie

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Le premier livre en France traitant intégralement l'apparition de la Vierge à Mexico à Juan Diego au XVIe siècle. Grâce aux toutes dernières recherches menées au microscope, les scientifiques ont découvert tout à fait par hasard que la scène de Juan Diego et de l'Evêque observant « l'apparition » est fixée dans les yeux de Marie. Ensuite, que les étoiles imprimées sur le manteau de Juan sont la représentation exacte du ciel en ce jour de 1521. Enfin, dernière découverte qui laisse tous les scientifiques totalement fascinés : la pigmentation des couleurs de ce manteau sur lequel Marie a « imprimé » son portrait est de nature totalement inconnue (autrement dit « non-terrestre ») ce qui est proprement impensable aujourd'hui, sachant que la télémétrie et la spectrographie sont capables d'analyser à distance la nature de Mars ou de Jupiter !

PREFACE

Par Didier van Cauwelært

Il arrive qu'on demande à un enquêteur réputé pour son sérieux de cautionner par une préface les délires d'un romancier. Le contraire est moins fréquent. C'est donc avec une certaine jubilation que j'écris ces quelques mots pour présenter l'immense travail d'investigation effectué par le P. François Brune sur un sujet qu'il avait auparavant livré à mon imagination. En 1998, au festival Sciences et Frontières, c'est lui en effet qui m'a parlé pour la première fois de Juan Diego, ce petit Indien aztèque à qui la Vierge Marie était apparue cinq fois avant d'imprimer son image devant témoins sur la tunique qu'il portait, déclenchant ainsi quatre siècles plus tard une cascade de découvertes scientifiques incroyables autour de ce bout de tissu. Immédiatement j'ai senti que c'était, comme on dit, un sujet pour moi. Lorsque L'Apparition a été publié, beaucoup de lecteurs et de journalistes ont pensé que j'avais tout inventé. Plus j'expliquais le contraire et moins on me croyait, naturellement. Il faut dire qu'aucun ouvrage sur la Vierge de Guadalupe n'existait en français, hormis l'étude introuvable du F. Bonnet-Eymard diffusée en 1980 dans une revue confidentielle.

Nous sommes pourtant en présence d'une des plus grandes énigmes du monde. Depuis 1531, cette image qui n'est pas de la peinture, colorée par des pigments inconnus sur terre, imprimée recto verso sans le moindre apprêt sur un tissu en fibre d'agave qui ne se conserve jamais plus de vingt ans, nargue les rationalistes, émerveille les croyants, embarrasse l'Eglise et livre aux scientifiques de nouveaux mystères chaque fois qu'ils inventent un instrument capable d'élargir le champ de leurs recherches. C'est là tout le paradoxe de cette ébouriffante histoire: les savants les plus hostiles au paranormal n'ont cessé au fil des siècles d'avouer courageusement qu'ils n'étaient pas en mesure d'expliquer la nature, la conservation ni les pouvoirs de cette image, tandis que l'Eglise, de plus en plus détournée du merveilleux divin par ses représentants sur terre, passait le plus souvent sous silence, voire mettait en doute le caractère céleste de cette «pièce à conviction». Et ce paradoxe justifie l'implication personnelle si forte de François Brune dans ce dossier: son coeur de prêtre souffre de ce divorce trop fréquent entre le gouvernement de l'Eglise et le message des Evangiles concernant les miracles et la survie de l'âme, tandis que son esprit scientifique s'épanouit au contact des chercheurs, chrétiens ou non, qu'il sait comprendre et stimuler en vulgarisant leurs travaux auprès du grand public.

 

Comment travaille François Brune, sur le terrain ? J'ai eu la chance de le suivre dans les derniers moments de son enquête. Il y a en lui du Sherlock Holmes et du Tintin, avec une vraie dose de Don Quichotte dans sa nature de bon Samaritain. Traînant son éternelle valise à roulettes, les poches remplies de pièces de monnaie pour téléphoner des cabines publiques, il traverse Mexico à la poursuite de spécialistes et des témoins, traquant le vrai derrière l'invraisemblable, avec une rigueur infatigable aidée par ces heureux hasards qui sont les clins d'oeil de la Providence. Ainsi le 3 novembre 2001, chez le professeur Hernandez Illescas, l'astronome qui avait prouvé que la disposition des étoiles sur le manteau de la Vierge était exactement celle des constellations dans le ciel de Mexico, à l'heure où l'image apparaissait sur la tunique de Juan Diego. Illescas nous montre ses dernier travaux, puis au moment de partir, François lui demande s'il sait où en est le procès de canonisation de Juan Diego, curieusement enlisé depuis sa béatification par Jean-Paul II dix ans plus tôt. Alors le professeur nous montre deux énormes volumes reliés aux armes du Vatican: le dossier médical complet d'un miracle attribué à Juan Diego, en 1991. Nous connaissions l'histoire de ce jeune suicidé amené à l'hôpital avec plusieurs blessures mortelles au crâne et à la colonne vertébrale. Sa mère avait imploré l'Indien élu par la Vierge de sauver le garçon, qui s'était retrouvé sur pied de manière totalement inexplicable. Mais ce que nous ignorions, c'est que la personne qui avait réceptionné le blessé aux urgences était le professeur Illescas lui-même, par ailleurs médecin réputé, qui, voyant l'état désespéré du jeune homme, avait conseillé à sa mère d'aller prier Juan Diego. Comme nous ignorions que le 30 octobre, à l'heure où nous quittions Paris pour Mexico, le Vatican avait annoncé que, le dossier du miracle ayant été approuvé par la Commission médicale, plus rien ne faisait obstacle à la canonisation.

Mais qui était en réalité Juan Diego ? Les dernières découvertes rapportées dans le présent livre vont à l'encontre de tout ce qu'on croyait savoir sur ce petit Indien de la dernière caste, choisi malgré lui comme intermédiaire entre le ciel et le clergé espagnol. La question est de savoir quand a commencé la désinformation, cet agaçant corollaire de tous les grands événements historiques. Vient-on de quitter des siècles de dissimulation, ou d'entrer dans une nouvelle légende ? Le lecteur jugera. Toujours est-il que depuis quelques années, les événements se précipitent autour de la Guadalupe. N'y aurait-il pas urgence pour l'homme à renouer le dialogue avec les forces qui le dépassent ? En tout cas, la lecture de cette passionnante enquête met en lumière les valeurs indissociables sans lesquelles il n'y aurait plus de vie sur terre: l'amour, l'intelligence et l'humour. Une trinité dont François Brune est pour moi l'un des meilleurs porte-parole.





UNE BOMBE A

RETARDEMENT

Il s'agit peut-être du plus grand miracle de tous les temps. En tout cas, du plus spectaculaire. Le plus extraordinaire est qu'il semble avoir été conçu par Dieu comme une véritable bombe à retardement. Ce n'est en effet que depuis quelques années, et grâce à l'avancement de la science et de nos techniques, que l'aspect prodigieux de ce miracle a pu être révélé. Situation paradoxale: c'est la science qui prouve que l'on se trouve là devant un phénomène qui la dépasse complètement. Deuxième paradoxe, sur lequel nous aurons l'occasion de revenir, ce miracle fantastique est pratiquement inconnu en France. Mais, avant d'entrer dans les détails, résumons en quelques mots l'essentiel de cette histoire.

L'événement s'est produit en 1531, à Mexico. La ville avait été conquise par les Espagnols quelques années auparavant. L'évangélisation progressait rapidement, mais le premier gouvernement civil espagnol s'était montré parfaitement odieux avec les Indiens. La révolte grondait. C'est alors que la Sainte Vierge, Mère de Dieu, est apparue à un Indien nommé Juan Diego et a laissé sur son manteau sa propre image, imprimée miraculeusement. Ce manteau subsiste encore, exposé et vénéré aujourd'hui dans une énorme basilique, dans la banlieue Nord de Mexico, devenue le plus grand centre de pèlerinage de toute l'Amérique latine. Environ vingt millions de fidèles viennent y prier chaque année.

Mais qui en a entendu parler en France?

Personne! A moins d'être allé au Mexique ou de l'avoir lu dans un guide touristique. Juan Diego est déjà béatifié. Son procès de canonisation est clos. A l'heure où j'écris, il n'y a plus aucun obstacle du côté de Rome. Mgr. Enrique Roberto Salazar Salazar, le directeur du Centre d'Etudes de la Vierge de Guadalupe, me l'a affirmé, il y a déjà de cela quelques mois, au téléphone. Le 30 octobre 2001, la télévision mexicaine révélait que le Vatican avait donné «le feu vert» à sa canonisation. On attendait seulement quelque occasion, un peu prestigieuse, pour proclamer le nouveau saint, en 2002. Alors?

Pourquoi n'en parle-t-on pas davantage dans l'Eglise de France? Et dans l'Eglise en général?

Le Frère Bruno Bonnet-Eymard est le seul en France à s'être intéressé à ce miracle. Malheureusement, son étude, tout à fait remarquable , a été publiée en 1980 par «La Contre-Réforme Catholique au XXe siècle» de l'Abbé de Nantes et ce ne sont pas les dérives actuelles de ce mouvement qui en faciliteront la diffusion. Il existe à l'étranger et en d'autres langues des études sérieuses, nous le verrons, qui se réfèrent parfois aux travaux de Frère Bonnet-Eymard. Quelques brochures se sont quand même fait l'écho de ce miracle, à partir de son étude, mais c'est bien peu pour un aussi grand événement.1

C'est que les miracles sont très mal vus par nos théologiens.

Pourtant, depuis quelques décennies, les découvertes scientifiques se sont multipliées et ont beaucoup progressé. De nombreux scientifiques de toutes disciplines y ont travaillé et les résultats sont littéralement incroyables. Il faut vraiment toute l'autorité de leurs titres académiques et leur qualité de chercheurs d'instituts célèbres pour arriver à croire ce qu'ils ont trouvé. Une des difficultés pour élever Juan Diego au rang des saints reconnus était l'absence de documents historiques suffisants. On se trouvait un peu dans la même situation que pour les recherches effectuées pour prouver l'authenticité du linceul de Turin. C'est à la science qu'il revient de constater le prodige, mais un minimum d'indices historiques est tout de même nécessaire pour conclure à l'authenticité.

 

Heureusement, dans les deux cas, les études ont bien avancé et ne laissent plus place à aucun doute, aussi bien pour le linceul de Turin que pour le miracle de la Vierge de Guadalupe.

Il existe encore une autre raison de faire le rapprochement entre ces deux reliques: le manteau de Juan Diego, exposé à Mexico, nous livre très probablement le véritable visage de Marie, Mère de Dieu, tout comme le linceul de Turin nous laisse deviner quel était le visage du Christ. Il y a bien un autre linge de la Passion du Christ que l'on pourrait comparer à celui de la Vierge de Guadalupe, c'est le voile de Manoppello, moins connu, où il semble que nous ayons le visage du Christ, mais en couleurs et les yeux ouverts. J'aurai l'occasion plus loin d'en reparler.

Autre point commun aux deux reliques, dans les deux cas on peut parler d'une bombe à retardement, car ces deux pièces d'étoffe n'ont pas cessé de faire l'objet de la vénération des fidèles, mais sur la seule foi de la tradition, sans qu'aucun travail sérieux n'ait été entrepris pendant des siècles pour confirmer leur authenticité. Il est vrai qu'en ce domaine le besoin de preuves correspond surtout à une exigence moderne et il est certain aussi que, pour une bonne part, ces preuves ne pouvaient pas être obtenues jusqu'à ce que nos techniques d'investigation aient suffisamment progressé. Quand on découvre dans le détail toutes les preuves scientifiques accumulées prouvant aujourd'hui l'authenticité du prodige, on a l'impression très nette d'un plan à très longue échéance, d'une sorte de mécanisme disposé dans ces reliques mêmes, pour que leur vérité éclate au grand jour plusieurs siècles plus tard, au moment opportun, à une époque où la foi vacillante des chrétiens aurait précisément besoin de ce soutien et où la science serait justement en mesure de le fournir.

Le désir des Mexicains d'avoir leur saint a fini par déclencher l'ardeur des chercheurs. L'affaire avait été engagée à plusieurs reprises, mais chaque fois Rome avait répondu: «Nous voulons bien, mais envoyez-nous un rapport détaillé, des documents. Nous ne pouvons pas canoniser le personnage légendaire d'une histoire douteuse». Et chaque fois, la demande mexicaine était restée sans suite. Le procès de béatification de Juan Diego n'a été finalement officiellement entamé que le 7 janvier 1984. On ne s'étonnera donc pas trop que les recherches historiques n'aient pu donner de résultats décisifs que dans les dernières années du XXe siècle et les découvertes ne sont certainement pas terminées. Je me rappelle que lors de mon premier séjour au Mexique, en octobre 1997, les journaux se lamentaient sur l'état d'abandon où se trouvait la maison de Juan Diego ainsi que le premier ermitage construit sur le lieu des apparitions. Ils annonçaient d'ailleurs aussi qu'ils allaient être restaurés et que l'on construirait même sur les lieux un musée.

C'est surtout le Centre d'Etudes sur la Guadalupe qui a fait avancer les recherches en coordonnant les travaux d'un grand nombre de spécialistes et en les publiant régulièrement. Car, comme le remarque l'un d'eux, l'événement de la Guadalupe «à chaque instant s'ingénie à se perfectionner, s'enrichir, s'approfondir; toute analyse engendre de nouveaux problèmes qui requièrent de nouvelles solutions; l'histoire de la Guadalupe se trouve ainsi mise en lumière d'une nouvelle façon qui révèle de nouvelles facettes, éclairant quelque coin d'ombre ou détruisant quelque erreur, démontrant par de nouveaux documents le fait historique incontestable».2


c h a p i t r e 1

L'HISTOIRE




 

Une série d'événements extraordinaires se sont déroulés sur une période de quatre jours, du 9 au 12 décembre 1531, au Nord de de la ville de Mexico. Quatre jours qui ont profondément marqué toute l'histoire du Mexique. Il semble qu'ils soient même appelés aujourd'hui, dans la crise religieuse que traverse l'Eglise, à jouer un rôle de plus en plus important à travers le monde entier. Il n'existe certainement aucun endroit dans le monde où Dieu soit intervenu de manière aussi éclatante. Le pape Benoît XIV l'avait reconnu en s'écriant, à propos de ces apparitions et de l'image miraculeuse de la Vierge: «Dieu n'en a fait autant pour aucun autre peuple».

Quand ces événements ont lieu, la conquête du Mexique par les Espagnols venait de s'achever. Parmi les innombrables Indiens qui se sont convertis à la nouvelle religion en abandonnant leurs dieux sanguinaires se trouve le personnage principal de cette aventure, un Indien du nom de Cuautlactoactzin, ce qui en nahuatl, le langage des Aztèques, signifie «Celui qui parle en aigle». Les spécialistes nous disent que, l'aigle symbolisant le soleil, ce nom suggère en même temps des sens secondaires comme «Celui qui parle vrai» ou «Celui qui ne dissimule rien». Mais ce nom a beau nous suggérer que nous pouvons nous fier à son récit, nous ne pourrions y croire, n'étaient les innombrables découvertes scientifiques réalisées récemment. De fait, pour l'essentiel, tout repose sur le témoignage de cet Indien car il n'y a pas eu de témoin de ses entretiens avec la Sainte Vierge. Baptisé depuis peu, «Celui qui parle en aigle» a pris le nom chrétien de «Juan Diego» et vit avec son oncle, baptisé lui «Juan Bernardino». Un troisième homme joue un rôle capital: le premier évêque de Mexico, frère Juan de Zumarraga, arrivé depuis peu d'Espagne. Tels sont les trois personnages terrestres de cette histoire fantastique que nous a conservée le texte du «Nican mopohua».

Jour 1 ( samedi 9 décembre 1531 )

Il fait encore pratiquement nuit lorsque l'un d'eux, Juan Diego, sort de chez lui pour aller se rendre, dans la fraîcheur matinale, jusqu'à Tlatelolco afin de s'instruire auprès des Pères franciscains dans sa nouvelle foi. Il habite alors à Tulpetlac3, au bord du lac de Tzompango. Pour rejoindre Tlatelolco il pourrait d'ailleurs prendre un bateau et, en longeant la rive, atteindre un peu plus au Sud le lac de Texcoco où se trouvent, sur une île, les villes voisines de Tlatelolco et de Tenochtitlan. Mais il préfère y aller à pied. Il contournera la colline de Tepeyac et empruntera la digue qui part précisément du pied de cette colline, pour rejoindre Tlatelolco sur l'île, au milieu du lac. Juan Diego a déjà 57 ans. Orphelin de père depuis son jeune âge, son oncle l'a élevé. Veuf depuis deux ans, c'est avec son oncle qu'il vit. Sa conversion l'a profondément transformé. Très impressionné par la pauvreté des franciscains venus évangéliser son pays, il a décidé depuis quelque temps de vivre aussi pauvre qu'eux. Il est sans aucun doute, la suite le prouvera, engagé dans une recherche spirituelle profonde. Au moins deux fois par semaine il fait ce long trajet de 15 kilomètres jusqu'à Tlatelolco afin de poursuivre son instruction religieuse et d'entendre la messe. Le Samedi constitue pour lui et les franciscains un jour très important, car il est dédié plus particulièrement à la Vierge Marie, vieille dévotion inaugurée au IXe siècle qui s'est peu à peu répandue dans toute l'Europe. Or, nous sommes bien, précisément, un Samedi.

Mais ce matin-là, après avoir franchi la zone montagneuse de la sierra, passant près de la colline de Tepeyac, voilà qu'il entend soudain le chant d'oiseaux merveilleux, un chant plus beau que tous ceux qu'il a jamais entendus, plus beau même que le chant du coyoltototl ou du tzinitzcan. Cela semble venir du haut de la colline de Tepeyac. Soudain, le chant s'arrête. Silence! Alors Juan Diego se rappelle tout ce qu'il avait entendu raconter par les anciens dans son enfance. Les guerriers morts au combat ou sur la pierre des sacrifices, mais également les femmes mortes en couches, tous rejoignent le dieu Soleil et habitent un pays merveilleux: «ils boivent et savourent le suc des fleurs savoureuses et odorantes, jamais ils ne sentent la tristesse». Tous y deviennent eux-mêmes «différentes sortes d'oiseaux au plumage riche»4. Il se demande comment il peut entendre de tels chants. Est-il donc mort? Est-il en train de rêver? Ou peut-être se trouve-t-il au paradis terrestre de Tlalocan, le jardin luxuriant de ceux qui ont été entraînés dans la mort par Tlaloc, le dieu de la pluie et qui sont donc morts noyés ou frappés par la foudre au cours d'un orage, ou encore ont été emportés par quelque fièvre maligne. Celui-là aussi est un paradis plein, non seulement de fleurs, mais de chants d'oiseaux.

Une voix très douce l'appelle alors par son nom et même par son diminutif, comme c'est souvent l'usage au Mexique: «Juanito, Juan Dieguito!» La voix semble venir du sommet de la colline. Très intrigué, mais non pas effrayé comme le furent, par exemple le petit Maximin et Mélanie Calvat lors de l'apparition de Notre-Dame à La Salette, le coeur joyeux au contraire, comme pressentant quelque manifestation merveilleuse, Juan Diego s'avance pour savoir qui l'appelle ainsi.

Première apparition. Il se trouve alors devant une très jeune femme, très douce et très belle qui lui dit, en toute simplicité, qu'elle est la Vierge Marie, Mère du vrai Dieu. Il y avait bien là, avant l'arrivée des Espagnols, une statue de Cihuacoatl, appelée plus familièrement Tonantzin «Notre Mère». Mais elle avait un aspect terrible, avec son collier de mains coupées, Juan Diego s'en souvient bien. La jeune femme qui se tient devant lui est au contraire si douce et si belle! Il est vrai qu'elle lui parle en nahuatl, sa langue maternelle. Elle utilise des expressions que Juan Diego reconnaît. Elles viennent de sa religion ancienne, avant son baptême. Mais, pourtant, elle semble leur donner un tout autre sens, beaucoup plus fort, plus profond. Elle resplendit d'une façon surnaturelle. Ses vêtements ne ressemblent pas non plus à ceux des femmes du pays. Ils rayonnent comme ceux du Christ à la Transfiguration. Mais toute la nature autour d'elle participe de cet enchantement. Juan Diego voit les pauvres arbustes de la colline, les cactus et jusqu'aux plus petits brins d'herbe, comme transformés en pierres précieuses. Ce ne sont qu'émeraudes, turquoises, scintillements de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, description que l'on retrouve assez souvent dans les expériences de ceux qui ont failli mourir et sont revenus à la vie de ce monde. Notre monde leur est apparu tout transfiguré, dans une splendeur que nous sommes bien incapables de discerner. En sa présence, Juan Diego, tout ému, se sent aimé et se prosterne.

Elle veut lui confier une mission. Elle veut qu'il aille voir l'évêque, à Mexico, et lui demande en son nom de faire construire ici-même une église où elle pourra manifester Dieu et Le donner aux hommes, écouter leurs pleurs, leur tristesse, les soigner et guérir toutes leurs peines.

Juan Diego est complètement séduit, au fond de son coeur, par la beauté de l'apparition. Il sent en lui une telle paix qu'il ne lui vient pas le moindre doute sur l'identité de cette belle Dame. Il se met aussitôt en chemin pour accomplir la mission qu'il a reçue. Il redescend de la colline et s'engage sur la chaussée qui conduit à travers le lac jusqu'à la ville. Dans le centre, il se trouve devant une grande maison de style médiéval, assez imposante, construite sur les restes d'une pyramide. Elle comporte d'élégantes arcades et un toit en terrasse, flanqué, à chaque extrémité d'une haute tour, avec une plus petite au centre. Le bâtiment est orné de grilles de fer ouvragées et d'un perron très large de 32 degrés qui débouche sur un patio sur lequel donnent les appartements de l'évêque. La chapelle privée de l'évêque est décorée d'un grand retable et le palais dispose du mobilier suffisant pour rendre la vie agréable, mais sans plus. On connaît aujourd'hui l'emplacement exact qu'occupait ce palais, près de l'ancien «templo mayor».5

Mais on n'entre pas ainsi chez l'évêque. Juan Diego doit attendre longtemps avant qu'un des serviteurs ne vienne le conduire auprès de lui.

C'est certainement à l'étage principal que l'évêque reçoit Juan Diego. Cependant, en 1530, Juan de Zumarraga, Frère franciscain, n'est encore qu'évêque nommé. Il devra retourner quelque temps plus tard en Espagne pour y être sacré et revenir à Mexico, en 1534. Né en 1468 au pays basque espagnol, il a donc déjà, en 1531, soixante-trois ans, ce qui pour l'époque est un grand âge. Il vient à peine d'arriver à Mexico et ne comprend pas un mot de nahuatl, la langue de Juan Diego. Il est d'ailleurs trop vieux et ne l'apprendra jamais. Le dialogue n'est donc possible que grâce à un interprète. Une tradition assez solide nous dit que ce fut Frère Juan Gonzalez, également franciscain6.

Juan Diego s'acquitte de sa mission. Juan de Zumarraga, après l'avoir écouté un moment, lui dit de revenir un autre jour où il aura plus de temps et pourra à loisir écouter toute son histoire. Mais le messager de la Sainte Vierge a bien compris que l'évêque n'avait pas cru un mot de son récit et il repart, dépité, rendre compte de son échec à la Sainte Vierge. Au tomber du jour, il arrive au sommet de la colline et, là, il retrouve la belle Dame qui lui était apparue le matin.

Deuxième apparition. Il se permet alors de lui donner un conseil. Si elle tient vraiment à son église, elle ferait mieux d'envoyer à l'évêque «quelque noble, estimé, connu, respecté, honoré», car, dit-il, «je suis un homme de la campagne, un portefaix, le plus rustre, le dernier du village». Toute l'humilité profonde et sincère de Juan Diego éclate dans ces quelques mots. Mais la Mère de Dieu ne se laisse pas convaincre. Elle ne manque pas de serviteurs, dit-elle, qu'elle aurait pu envoyer comme messagers. Mais c'est lui qu'elle a choisi: «Il est absolument nécessaire que ce soit toi... mon fils, toi le plus petit, et je t'ordonne que tu ailles de nouveau demain voir l'évêque». Juan Diego s'incline et promet à la belle Dame d'accomplir sa volonté. Le voilà investi d'une mission dont il ne sent pour le moment que la difficulté, bien loin de soupçonner les répercussions incroyables de ce qui lui est demandé. Pour le moment, il n'a qu'un désir: accomplir ce que la Mère du Sauveur lui a demandé. Il ira demain voir à nouveau l'évêque et reviendra le soir rendre compte de sa mission à la Sainte Vierge, comme aujourd'hui.

Jour 2  ( dimanche 10 décembre 1531 )

Le lendemain, «alors que tout était encore dans la nuit», Juan Diego se met en route pour aller voir l'évêque. Il va d'abord entendre la messe, puis, vers dix heures, il se rend au palais de l'évêque. Il a beaucoup de mal à parvenir jusqu'à lui. Alors, il se jette à ses pieds en pleurant et lui raconte à nouveau toute son histoire et le désir très ardent de la Sainte Vierge qu'on lui construise au pied de la colline de Tepeyac une petite église. Cette fois-ci, Juan de Zumarraga prend son temps et lui pose quantité de questions, le scrute pour se faire une opinion sur sa sincérité et, à moitié convaincu, lui dit de demander à cette Dame de lui donner un signe. Cette exigence ne trouble pas du tout le messager de la Vierge. Au contraire, il recommande simplement à l'évêque de bien choisir le signe qu'il souhaite. Son assurance impressionne favorablement Juan de Zumarraga. Cependant, Juan Diego parti, l'évêque appelle deux de ses serviteurs et leur enjoint de suivre discrètement cet Indien pour voir qui il rencontre vraiment. Peut-être s'agit-il de quelque intrigante qui abuse de sa naïveté. Mais les serviteurs de l'évêque finissent par perdre de vue Juan Diego, au bout de la chaussée, là où elle rejoint la terre ferme. Ils le cherchent partout, mais n'arrivent pas à le retrouver. Très en colère, ils reviennent dire à l'évêque qu'à leur avis cet indien n'est pas quelqu'un de sérieux, mais peut-être quelque mythomane ou simplement un rêveur. S'il revient, il ne faut pas l'écouter, mais le châtier durement pour qu'il n'aille pas troubler les gens avec son histoire.

Le jour même, Juan Diego repasse par la colline et la gravit pour présenter à la Sainte Vierge la requête de l'évêque.

Troisième apparition La Mère de Dieu lui dit alors «C'est bien, mon petit enfant, tu reviendras ici demain pour porter à l'évêque le signe qu'il t'a demandé». Mais, le soir, lorsqu'il rentre chez lui, Juan Diego découvre que ( SUITE DANS LE LIVRE )

 

- "j'ai déjà ce livre depuis longtemps et je voulais offrir le même à une amie mais on ne le trouve plus dans les librairies / il est identique au mien